HANDICAP, DROITS, SEXUALITE, LIBERTINAGE, HETERO, GAYS, BIS...

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LA VIE AFFECTIVE ET SEXUELLE DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP MENTAL


LES HANDICAPES MENTAUX ONT ILS DROIT A UNE VIE SEXUELLE NORMALE ?

Les handicapés mentaux ont-ils droit à une vie sexuelle «normale»?

ANDRÉ DUPRAS Publié le jeudi 07 octobre 2004 à 00h00 - Mis à jour le jeudi 07 octobre 2004 à 00h00

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OPINIONS

ANDRÉ DUPRAS, Professeur au département de sexologie de l'Université du Québec à Montréal

Comment envisager aujourd'hui la sexualité des personnes handicapées mentales? Souvent posée, cette question suggère une mutation dans la manière de considérer la vie sexuelle de ces personnes. Notre réponse est la suivante: adopter une approche positive de l'éducation sexuelle.

Avant de mentionner les nouvelles bases sur lesquelles refonder l'éducation sexuelle, soulignons les progrès accomplis. Les écrits et les colloques se multiplient. Des programmes d'éducation sexuelle sont conçus et expérimentés. Les mentalités ont évolué aussi bien chez les parents que chez les professionnels.

Malgré le chemin parcouru, l'éducation sexuelle des personnes handicapées mentales demeure généralement négative. Les actions éducatives cherchent le plus souvent à les protéger contre les agressions, les infections et les grossesses. Elles se font souvent avertir de faire attention, de se méfier et de s'abstenir. Ces messages négatifs véhiculent l'idée que la sexualité est dangereuse; elles doivent doubler de prudence. Cette situation est propice au développement de rapports conflictuels avec la sexualité; elle sera souvent vécue d'une manière angoissante.

Les interventions éducatives accentuent les aspects pratiques et techniques pour les outiller. L'éducation sexuelle devient une socialisation. Les personnes handicapées mentales doivent intégrer la loi, les règles et les interdits qui régissent la sexualité. Elles apprennent à se conformer aux attentes des autres. Elles se fabriquent une personnalité sexuelle factice pour faire plaisir aux autres.

Il leur est difficile d'accéder à une vie sexuelle comme tout le monde car elles n'arrivent pas à répondre aux critères imposés. Elles sont démoralisées par la quantité d'exigences demandées. Il leur faut connaître, comprendre et savoir faire. Leur entourage arrive vite à douter de leurs capacités à contrôler leur vie sexuelle. Les personnes valides deviennent un groupe témoin: il est extrêmement difficile pour les gens dits normaux de réaliser leur sexualité. Le défaitisme envahit les esprits craintifs: les personnes handicapées mentales n'y arriveront jamais. Elles se voient campées dans un univers sexuel à part, sans grand avenir. Elles sont souvent confinées à la masturbation sous haute surveillance. Dans ce contexte négatif, l'éducation sexuelle risque d'encourager des pratiques d'exclusion.

Heureusement, le virage vers une éducation sexuelle positive est déjà amorcé. Des signes concrets en témoignent. A titre d'exemple, le Guide pratique des personnes handicapées, rédigé par la Fédération APAJH, ajoute des éléments positifs à leur proposition d'éducation sexuelle: permettre des expériences de vie sans surprotection, apprendre à parler de plaisir, favoriser l'estime de soi.

Une approche positive suppose l'adoption d'une vision optimiste à l'égard des capacités des personnes handicapées à assumer leur vie sexuelle. L'entourage s'attend à ce que de bonnes choses émergent des expériences de vie sexuelle vécues par les personnes handicapées. Il s'agit de passer de l'anticipation du pire à la promotion du meilleur.

L'éducation positive comprend une démarche qui exprime une acceptation et une valorisation de la sexualité. Ainsi une mère nous a interpellé pour s'informer du potentiel orgasmique de son garçon trisomique. Elle se souciait de son bonheur sexuel. Sa préoccupation témoignait de sa vision positive de la sexualité de son enfant handicapé.

L'approche positive présente la sexualité comme belle et bonne. Les personnes handicapées découvrent les avantages et les bienfaits de la sexualité. Ainsi une jeune adulte handicapée est devenue plus joyeuse et plus motivée à s'intégrer socialement depuis qu'elle fréquente un jeune homme. Ses parents ont constaté une amélioration de sa qualité de vie et de son bien-être sexuel.

Doit-on pour autant abandonner la prévention des problèmes sexuels? Il ne s'agit pas de négliger les mesures préventives, mais de les aborder d'une manière positive. Que faire devant des difficultés à se procurer et à utiliser un préservatif? L'apprentissage ne devrait pas se faire par le découragement face aux faiblesses, mais plutôt par l'encouragement face aux forces à développer.

L'éducation sexuelle positive présente des propositions constructives par rapport à la sexualité. Prenons un exemple pour illustrer notre propos. Il arrive qu'une personne handicapée mentale exprime le désir d'avoir un enfant. Une approche négative adopterait la trajectoire suivante: lui montrer ses incapacités à s'occuper d'un enfant, prendre la décision à sa place, s'assurer que la grossesse est empêchée. L'approche positive mise sur ses capacités: elle fait connaître ses motivations, elle s'informe auprès de son médecin, elle fait son choix. La démarche positive donne un rôle émancipateur à l'éducation sexuelle.

© La Libre Belgique 2004

ANDRÉ DUPRAS

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La peur des parents Pourquoi la personne handicapée apparaît-elle comme un être désexualisé? «Dans notre culture la sexualité ne semble appartenir qu'au monde des adultes, et l'éveil de la sexualité de l'enfant est bien souvent nié. Les enfants, ces petits êtres si naïfs et purs, ne peuvent donc avoir une quelconque activité sexuelle, ni même en ressentir l'envie. En persistant à voir la personne atteinte d'un handicap comme un éternel enfant, les parents leur refusent par là même, l'accès à une sexualité. Il est donc plus facile de nier leur statut d'adulte et ainsi, d'occulter le problème de la possibilité d'une demande. Ils ne peuvent penser à la sexualité, ce ne sont encore que des enfants ! Le statut d'éternel enfant constitue donc un garde-fou contre le développement de la sexualité. Mais, comment expliquer cette peur, cette angoisse des parents face à la sexualité de l'enfant atteint d'un handicap? A travers la sexualité se cache le problème de la procréation. Procréation qui signifie que les parents auront à charge un autre enfant, lui aussi peut-être handicapé, et qu'ils devront alors faire face aux mêmes souffrances et blessures. La procréation touche aussi la notion sensible de filiation, laquelle évoque l'idée «d'échec» dans la procréation, d'anomalies héréditaires et remet en cause les générations antérieures. L'anomalie renvoie à notre propre sexualité, elle serait alors le révélateur d'une sexualité «anormale», «monstrueuse». «Vie affective, sexualité et handicap mental», dossier sur http://www.beccariaedu.com

 


02/03/2019
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Que faire de ces réalités dérangeantes? De ces éducateurs «obligés d'emmener leurs pensionnaires aux putes»?

Les handicapés ont-ils droit à une vie sexuelle ?

Par Véronique DUBARRY, adjointe verte au maire de Paris en charge des personnes en situation de handicap — 25 novembre 2010 à 00:00

Que faire de ces réalités dérangeantes? De ces éducateurs «obligés d'emmener leurs pensionnaires aux putes»?

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 Les handicapés ont-ils droit à une vie sexuelle ?

Comme si. Comme s’ils ne voulaient pas d’enfant, comme s’ils n’avaient pas de désir, comme s’ils n’avaient pas de peau, de cœur… Comme si les personnes en situation de handicap n’étaient que de purs esprits sans corps. Bien qu’on les réduise la plupart du temps à ce corps dit contraint. Au fond qu’est ce qui coince ? Notre propre angoisse face au flou de la frontière entre le «normal» et le «pathologique» ? Quel que soit le type de handicap, «ces gens-là» ne peuvent prétendre à une vie affective et sexuelle. Ils sont «fous» donc ne pourraient pas être conscients de leur corps et leurs pulsions seraient forcément contre-nature ; leur corps n’est pas dans la norme donc leur sexualité ne peut être «normale».

La question de la sexualité des personnes handicapées fait encore frémir, elle fait peur. Peut-être parce que notre passé collectif en la matière est effrayant : avortements forcés, périodes d’eugénisme, viols dans les institutions… Tout cela rend difficile un discours posé et serein. Sujet tabou, «effrayant», passionné… et complexe. Complexe parce que chaque situation est particulière : en fonction de chaque personne, du type de handicap, de l’âge, de la vie en établissement, à domicile… Et certaines réalités fort dérangeantes : ces aides-soignants confrontés aux pulsions de leurs malades, ces éducateurs qui racontent qu’ils sont «bien obligés d’emmener leurs pensionnaires aux putes», ou bien cette femme d’une soixantaine d’années demandant que quelque chose soit mis en place pour qu’elle n’ait plus, tous les matins, à masturber son fils handicapé mental, sous la douche…

Alors que faire ? Evidemment en parler. Parler de sexualité, d’amour, de pilule, de préservatifs. Informer, sensibiliser, décomplexer la parole. Pour tous : grand public, personnes «normales», «handicapées», parents, enfants, professionnels, que le sujet puisse être abordé dans toute sa complexité. Favoriser les rencontres. En rendant les lieux de sorties accessibles. En utilisant les sites de rencontres. Et aussi en considérant la question au sein des établissements.

Souvent créés par des parents d’enfants handicapés, les établissements ont longtemps passé sous silence la question de la sexualité puisque, comme chacun le sait, les enfants n’ont pas de sexe - même à 40 ou 50 ans. Pourtant, progressivement, on voit fleurir ici et là des initiatives : une chambre double, des cours d’éducation sexuelle, des possibilités de retrouver une intimité, à deux ou seul.

Et puis, dans certains pays européens (Belgique, Suisse…) a été mis en place un service d’assistants érotiques. Ces professionnels, spécifiquement formés, proposent des services sexuels aux personnes qui en font la demande via des associations - services pouvant être remboursés.

Oui, il peut y avoir acte sexuel mais, comme le montrent les photos de Frédérique Jouval (1), il y a surtout regards, tendresse, câlins, contact de corps à corps : parce que l’autre en me touchant me fait reprendre conscience de mon corps et de mon existence comme personne. Que l’on ait, ou pas, deux bras, deux jambes et «toute sa tête».

(1) Dans le cadre du colloque «Handicap : affectivité, sexualité et dignité», le 26 novembre à l’hôtel de ville de Paris, en partenariat avec l’association CQFD.

 

 


02/03/2019
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HOMME MUR HANDICAPE MAIS AUTONOME POUR FEMMES HANDICAPEES SEULES AUTONOMES

Assohandicap

54, Rue Blanquerie

11300 Limoux

Tél : 04 68 31 12 03

 

Je suis moi-même reconnu handicapé, mais j’ai déjà eu dans ma vie des relations sexuelles, diverses avec des femmes elles-mêmes en situation de handicap. Je les reçois chez moi, gratuitement. Je ne me déplace pas.


La profession d’assistant sexuel

Que désigne le terme d’assistant sexuel ?

Les individus handicapés doivent pouvoir accéder à l’autonomie et pas uniquement en ce qui concerne leur déplacement.

Cette autonomie doit aussi s’appliquer à leur vie affective, intime.

Cet accompagnement resté jusqu’alors très tabou voit l’émergence de professionnels permettant aux personnes en situation de handicap de raviver le plaisir érotique, sensuel et sexuel.

Même si le statut d’assistant sexuel est encore mal défini car il n’a été reconnu que très récemment et pas dans tous les pays, il s’agit bel et bien d’un métier exigeant des compétences professionnelles.

Dans certains pays, les assistants sexuels reçoivent une formation adaptée destinée à faire acquérir à ces « travailleurs de la sensualité » des gestes de soins spécifiques visant à procurer un bien-être physique, physiologique et psychologique à la personne handicapée.

Cette profession va plus loin dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap qui sont en demande en cherchant à pallier la carence affective de ces individus.

Ce métier n’est donc pas considéré comme de la prostitution puisqu’il recouvre des enjeux totalement différents de cette dernière.

Qui sont les personnes exerçant le métier d’assistant sexuel ?

Cette activité peut être exercée par des hommes ou des femmes valides à destination d’hommes et de femmes en situation de handicap. Ces individus peuvent être d’âges variés, de nationalités différentes et d’orientations sexuelles diverses (hétérosexuelles, homosexuelles ou autres).

Les assistants sexuels permettent à des individus en situation de handicap d’avoir l’opportunité d’accéder à une vie affective et sexuelle en leur offrant un accompagnement adapté à leurs demandes, leurs désirs et leurs besoins.

Ainsi, si l’origine, la vie sexuelle des professionnels importent peu, il est nécessaire qu’ils fournissent un engagement personnel physique et psychologique obligatoires dans l’accompagnement érotique.

Comme évoqué précédemment, certains pays leurs confèrent un statut de professionnels bien défini et met à la disposition des personnes intéressées par l’exercice de ce métier une formation adaptée qui leur offre de véritables compétences professionnelles permettant de cibler au mieux la demande des personnes en situation de handicap

 

 


03/05/2019
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