HANDICAP, DROITS, SEXUALITE, LIBERTINAGE, HETERO, GAYS, BIS...

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I'AIDANT SEXUEL EN FRANCE

DANS CETTE RUBRIQUE, NOUS VOUS INFORMONS QU'IL EXISTE EN FRANCE UNE ASSOCIATION D'AIDANT SEXUEL POUR LES PERSONNES RECONNUES HANDICAPEES, CETTE PROPOSITION EST TOTALEMENT BENEVOLE ET DONC ENTIEREMENT GRATUITE. VOIR TOUT L'ARTICLE. 

 

http://sexotherapeute.onlc.fr

 


ASSISTANCE SEXUELLE AUX HANDICAPE(ES) ACTE PARAMÉDICAL ?

Février 2012

 

Assistance sexuelle aux handicapés : prostitution ou acte paramédical ?

Dominique Deraita

 

 

Fin 2010 s’est tenu à Paris le 1er colloque abordant la question du « handicap et sexualité ».

Début 2011, est créée en France, l’association CH(S)OSE à l’initiative du Collectif Handicaps et Sexualité.(1) affichant clairement son objectif : « militer en faveur d'un accès effectif à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, notamment à travers la création de services d'accompagnement sexuel. »

En 2012, le rapporteur de la loi du 11 février 2005 sur le handicap, Jean François CHOSSY, continue de se battre pour un projet de loi qui légaliserait les interventions des assistants sexuels en France.

Ces temps forts ont et continuent de rythmer le combat actif que mènent depuis quelques années maintenant et de façon ouverte, entre autres, institutionnels et associations d’aides aux handicapés pour la reconnaissance d’une vie sexuelle active à tous les handicapés qui le souhaitent.

La sexualité des handicapés n’est plus un réel tabou en France, même si malheureusement, la vie sexuelle de certains d’entre eux peut encore ressembler au roman que Régine DESFORGES publie en ce début 2012 : « Toutes les femmes s’appellent Marie », dans lequel la mère d’un jeune handicapé finira par répondre à ses besoins sexuels jusqu’à en être enceinte.(2)

 

En France en 2012, l’assistance sexuelle, c'est-à-dire : fournir un service de temps de tendresse, sensualité ou sexualité contre paiement aux personnes handicapées, est assimilée à de la prostitution. La loi de 2005 régissant les accompagnements des handicapés dans leurs projets de vie a « omis » le domaine de la sexualité : pourquoi ???

En France aussi, en septembre 2011, des personnalités, historiens, hommes de lettres ou philosophes, ainsi que des militantes féministes se sont fermement opposés à la création d'un métier d'assistant sexuel pour les personnes handicapées, par crainte de voir se créer là un autre asservissement du corps des femmes. Mais comment rester insensible aux arguments invoqués par divers groupes de réflexions, dont les associations féministes sont les fers de lance : comment autoriser n’importe quelle forme de marchandisation du corps humain ? N’approche t on pas réellement d’un risque de banalisation d’une forme de prostitution ?

 

Pourtant ailleurs, et dès les années 1980, aux Etats-Unis, dans le Nord de l'Europe, et en Israël, à présent aussi en Europe du Sud, des personnes ont été et sont formées, afin de fournir une assistance sexuelle aux handicapés. L'accompagnement sexuel est là, assuré par des hommes et des femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, pratiquant la prostitution ou exerçant dans les milieux paramédicaux, sociaux et médico-sociaux, suivant les contextes de chaque pays. Leur activité, prestation, peut aller du simple corps à corps à la pénétration, en passant par la masturbation. L’assistance sexuelle encadrée à laquelle ces personnes sont formées par des professionnels de la relation, de la psychologie et du handicap ainsi que des sexologues, consiste à prodiguer, dans le respect, une attention sensuelle, érotique et/ou sexuelle à une personne en situation de handicap ou à permettre – à leur demande – l’acte sexuel à deux personnes qui ne peuvent l’accomplir sans aide.

Pour CH(S)OSE, un service d’accompagnement sexuel doit être « un service d’information, de mise en relation et d’aide à la formulation de la demande de la personne en situation de handicap avec l’assistant sexuel ».

Si le droit à une vie sexuelle ne peut se discuter pour les personnes handicapées, la création de contextes sécures tant sur le plan sexuel que sur le plan relationnel, pour leur permettre de la vivre dans ou hors les institutions, est encore loin de la réalité française. Les discussions sont vives encore entre les associations d’handicapés et les pouvoirs publics pour déterminer dans l’intérêt des personnes à qui l’on s’adresse, un service qui réponde à leur réelle demande. Les questions se posent encore sur l’éventail possible des interventions des « aidants sexuels » : du besoin de voir un corps d’un autre sexe dénudé (ce qui ne s’est jamais produit pour certain(e)s d’entre eux), au besoin de contact corporel, de toucher sensuel, de caresses globales à toutes les formes d’éveils de la sensualité jusqu’à la masturbation, et/ou l’apprentissage par la personne concernée (quand c’est possible) de la masturbation. Un relatif consensus semble se dessiner aujourd’hui pour des interventions possibles dans ces limites. Toute forme de pénétration serait exclue du champ de ces services. Et cette limite là pourrait marquer une limite claire avec le champ de la prostitution, une limite physique repérable et sans ambiguïté.

Jusqu’où est elle réaliste dans le moment vécu par la personne qui bénéficie de ce temps d’intimité ? Et puis la question se pose du possible attachement entre les protagonistes : devrait on changer d’assistant(e) pour ne pas générer d’attachement, voire de dépendance, ou bien ne pas en changer pour garantir une plus grande sécurité dans le service convenu ?

Et contenant toutes les autres questions celle du questionnement éthique : qu’en est il de l’ingérence de tous ces tiers , depuis les décideurs jusqu’aux entourages médicaux, para médicaux, et parentaux, dans l’intime de l’intime de la personne handicapée : qui pour décider de la réponse à leur désir ? Qui pour les aider à la conscience, à la formulation, à « l’éducation » de ce désir ?




09/08/2015
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ASSISTANCE SEXUELLE ACTE PARAMEDICAL

Février 2012

 

Assistance sexuelle aux handicapés : prostitution ou acte paramédical ?

Dominique Deraita

 

 

Fin 2010 s’est tenu à Paris le 1er colloque abordant la question du « handicap et sexualité ».

Début 2011, est créée en France,  l’association CH(S)OSE à l’initiative du Collectif Handicaps et Sexualité.(1) affichant clairement son objectif : « militer en faveur d'un accès effectif à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, notamment à travers la création de services d'accompagnement sexuel. »

En 2012, le rapporteur de la loi du 11 février 2005 sur le handicap, Jean François CHOSSY, continue de se battre pour un projet de loi qui légaliserait les interventions des assistants sexuels en France.

Ces temps forts ont et continuent de rythmer le combat actif que mènent depuis quelques années maintenant et de façon ouverte, entre autres, institutionnels et  associations d’aides aux handicapés pour la reconnaissance d’une vie sexuelle active à tous les handicapés qui le souhaitent.

La sexualité des handicapés n’est plus un réel tabou en France, même si malheureusement, la vie sexuelle de certains d’entre eux peut encore ressembler au roman que Régine DESFORGES  publie en ce début 2012 : « Toutes les femmes s’appellent Marie », dans lequel la mère d’un jeune handicapé finira par répondre à ses besoins sexuels jusqu’à en être enceinte.(2)

 

En France en 2012, l’assistance sexuelle, c'est-à-dire : fournir un service de temps de tendresse, sensualité ou sexualité contre paiement aux personnes handicapées,  est assimilée à  de la prostitution. La loi de 2005 régissant les accompagnements des handicapés dans leurs projets de vie a « omis » le domaine de la sexualité : pourquoi ???

En France aussi, en septembre 2011, des personnalités, historiens, hommes de lettres ou philosophes, ainsi que des militantes féministes se sont fermement opposés à la création d'un métier d'assistant sexuel pour les personnes handicapées, par crainte de voir se créer là un autre asservissement du corps des femmes. Mais comment rester insensible aux arguments invoqués par divers groupes de réflexions, dont les associations féministes sont les fers de lance : comment autoriser n’importe quelle forme de marchandisation du corps humain ? N’approche t on pas réellement d’un risque de banalisation d’une forme de prostitution ?

 

Pourtant ailleurs, et dès les années 1980, aux Etats-Unis, dans le Nord de l'Europe, et en Israël, à présent aussi en Europe du Sud,  des personnes ont été et sont formées, afin de fournir une assistance sexuelle aux handicapés. L'accompagnement sexuel est là, assuré par des hommes et des femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, pratiquant la prostitution ou exerçant dans les milieux paramédicaux, sociaux et médico-sociaux, suivant les contextes de chaque pays. Leur activité, prestation, peut aller du simple corps à corps à la pénétration, en passant par la masturbation. L’assistance sexuelle encadrée à laquelle ces personnes sont formées par des professionnels de la relation, de la psychologie et du handicap ainsi que des sexologues,  consiste à prodiguer, dans le respect, une attention sensuelle, érotique et/ou sexuelle à une personne en situation de handicap ou à permettre – à leur demande – l’acte sexuel à deux personnes qui ne peuvent l’accomplir sans aide.

Pour CH(S)OSE, un service d’accompagnement sexuel  doit être « un service d’information, de mise en relation et d’aide à la formulation de la demande de la personne en situation de handicap avec l’assistant sexuel ».

Si le droit à une vie sexuelle ne peut se discuter pour les personnes handicapées, la création de contextes sécures tant sur le plan sexuel que sur le plan relationnel, pour leur permettre de la vivre dans ou hors les institutions, est encore loin de la réalité française. Les discussions sont vives encore entre les associations d’handicapés et les pouvoirs publics pour déterminer dans l’intérêt des personnes à qui l’on s’adresse, un service qui réponde à leur réelle demande. Les questions se posent encore sur l’éventail possible des interventions des « aidants sexuels » : du besoin de voir un corps d’un autre sexe dénudé (ce qui ne s’est jamais produit pour certain(e)s d’entre eux), au besoin de contact corporel, de toucher sensuel, de caresses globales à toutes les formes d’éveils de la sensualité jusqu’à la masturbation, et/ou l’apprentissage par la personne concernée (quand c’est possible) de la masturbation.  Un relatif consensus semble se dessiner aujourd’hui pour des interventions possibles dans ces limites. Toute forme de pénétration serait exclue du champ de ces services.  Et cette limite là pourrait marquer une limite claire avec le champ de la prostitution, une limite physique repérable et sans ambiguïté.

Jusqu’où est elle réaliste dans le moment vécu par la personne qui bénéficie de ce temps d’intimité ? Et puis la question se pose du possible attachement entre les protagonistes : devrait on changer d’assistant(e) pour ne pas générer d’attachement, voire de dépendance, ou bien ne pas en changer pour garantir une plus grande sécurité dans le service convenu ?

Et contenant toutes les autres questions celle du questionnement éthique : qu’en est il de l’ingérence de tous ces tiers , depuis les décideurs jusqu’aux entourages médicaux, para médicaux, et parentaux, dans l’intime de l’intime de la personne handicapée : qui pour décider de la réponse à leur désir ? Qui pour les aider à la conscience, à la formulation, à « l’éducation » de ce désir ?

 


01/01/2015
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L'ACCOMPAGNEMENT DES PERSONNES HANDICAPEES

L’évolution de l’accompagnement à la personne

1

Avec la loi du 11 février 2005, la France a commencé à tourner le dos à l’assistanat [1] Époque à laquelle on prenait en charge les personnes... [1] , en instaurant, entre autres, la Prestation de Compensation du Handicap, par laquelle elle reconnaît le droit à l’autonomie et au libre choix des personnes en situation de handicap. La première conséquence de ce renversement des valeurs est l’octroi d’un accompagnement adapté aux besoins réels de la personne en situation de handicap. Comme c’est le cas en Suède depuis 1994 [2] D. Noury, La compensation du handicap en Suède, rapport... [2] .

2

Néanmoins, même si l’avancée est d’importance [3] Comme en Suède. [3] , notre société ne peut encore prétendre offrir une réelle autonomie, pas davantage qu’elle ne permet l’exercice de la citoyenneté pourtant inscrit dans la loi [4] Loi pour « l’égalité des droits et des chances, la... [4] .

3

Être accompagné, jour et nuit si nécessaire, représente certes une sécurité et un confort indéniables, mais la reconnaissance de la personne dans son intégrité et son intégralité, donc dans son intimité, est loin d’être acquise. Politiquement et éthiquement parlant, ce n’est plus acceptable.

4

Or, ni l’intégralité ni l’intégrité des personnes en situation de grande dépendance ne sont vraiment respectées aujourd’hui, qu’elles vivent à domicile ou en milieu institutionnel.

5

Comment dans ces conditions respecter la personne en situation de handicap alors qu’il est encore si difficile de manifester une véritable empathie à son égard [5] M. Nuss, La présence à l’autre, Paris, Dunod, 2008 [5] , d’être présent à elle ? Comment « s’occuper » du corps de ces personnes tout en niant leur libido ? Comment écouter correctement l’expression de leurs frustrations et de leurs refoulements en matière de sexualité ? Comment imaginer des réponses consensuelles dans ces questions taboues ?

6

De façon récurrente, la principale demande des personnes est de passer de la prise en charge de leur handicap à la prise en compte de leur personne. Mais avant même de penser à accompagner affectivement et sexuellement, il faudrait d’abord commencer par respecter un peu leur intimité, notamment en milieu institutionnel où il est fréquent que, par exemple, la porte de la salle de bains reste ouverte pendant la douche des résidants. On mesure ici la difficulté, voire l’impossibilité, pour ces personnes, de penser à la libido, au plaisir. Surtout si elles vivent dans la précarité et la maltraitance morale et/ou physique, aussi passive que soit cette maltraitance.

7

Reconnaître la sexualité des personnes en situation de handicap, c’est reconnaître leur humanité et la pleine existence de leur citoyenneté. Ce droit a été plus ou moins rejeté ou nié en raison de préjugés et d’idées préconçues ataviques [6] H.-J. Stiker, Corps infirmes et sociétés, Paris, Dunod,... [6] . Indubitablement, toute révolution sociale et sociétale passe par la prise en compte de ces faits. Il s’agit désormais de passer d’une situation fatale de survie, qui confine les personnes concernées dans l’assistanat, à une situation de vie pleine et entière…

Du poids des mots

8

Il est intéressant de préciser que la dénomination « accompagnement sexuel [7] Pour des raisons pratiques et de meilleure lisibilité,... [7] » recouvre la même activité que « assistance érotique » : la première est plutôt d’usage en France et la seconde est une dénomination internationale, d’origine anglo-saxonne.

9

L’adjectif « sexuel », d’après le dictionnaire atilf.atilf.fr, englobe ce « qui est relatif au sexe, à la sexualité et relatif aux caractères anatomiques et physiologiques qui distinguent l’homme et la femme… ». L’adjectif « érotique », d’après le même dictionnaire, définit notamment ce « qui provoque le désir amoureux ». Le terme d’accompagnement sexuel me semble donc pertinent puisque celui-ci n’a pas pour but de « provoquer le désir » mais d’y répondre.

10

Et je préfère parler d’accompagnement sexuel plutôt que d’assistance sexuelle et/ou érotique car l’idée d’accompagner une personne, même dans le « soulagement [8] Le mot « soulagement » est à prendre dans le sens « d’être... [8] » de sa libido, plutôt que de l’assister – peut-être du fait de mon vécu de « rescapé de l’assistanat » – me semble plus respectueuse. Néanmoins, ces deux mots ne rendent pas exactement compte de la réalité de toute cette pratique que le citoyen lambda focalise sur la masturbation, quand bien même celle-ci ne représente que 15 à 20 % d’un accompagnement sexuel. Faut-il pour autant changer de dénomination comme le pensent certains, désireux de ne pas froisser les esprits hypocrites, ou faut-il continuer à appeler un chat un chat, comme je le pense ?

11

La question est d’autant plus pertinente que, en France comme en Suisse ou en Allemagne, il n’est pas question d’englober explicitement la pénétration, le cunnilingus et la fellation dans le cadre de l’accompagnement sexuel, car, du moins en France, une telle prestation serait automatiquement considérée comme étant d’ordre prostitutionnel. Toutefois, il ne s’agit pas non plus de l’interdire, parce que personne n’est en droit de s’immiscer dans ce qui relève du droit privé, donc de la liberté et d’un choix individuels. Ce choix relevant aussi bien de la personne accompagnée que de la personne accompagnante.

Sensualité et sexualité ne riment pas avec amour

12

La dynamique de l’accompagnement sexuel des personnes en situation de dépendance s’inscrit dans cette distinction avec les promesses et les limites qu’elle contient.

13

Si l’accompagnement sexuel apporte un évident mieux-être, voire un bien-être physique et psychique, il n’offrira jamais l’amour dont chacun d’entre nous rêve… En cela, le concept de « soulagement » me semble primordial, si nous ne voulons pas provoquer de fausses espérances auprès des personnes en souffrance affective et sexuelle. Je n’ai jamais entendu une personne en situation de handicap revendiquer autre chose que du mieux-être par la prise en compte de sa sensualité et de sa sexualité.

14

La vie amoureuse est une quête personnelle, elle ne peut nous être offerte le temps d’une séance d’accompagnement sexuel. Celui-ci permettra à la personne de découvrir son corps sexué, de (re)prendre confiance et plaisir dans son corps et ses ressentis… Ce qui lui donnera peut-être la force ou l’envie de se libérer, de tenter des rencontres, d’oser être soi.

15

L’accompagnement sexuel est, et restera toujours, une réponse aux besoins du corps. Une réponse et non la réponse, un choix possible et non un idéal.

La compassion n’est pas la réalisation

16

Depuis plusieurs décennies, en France, on ergotait sur le sexe des « anges » entre gens autorisés et très compatissants. Alors que les Hollandais avaient proposé l’accompagnement sexuel à leurs concitoyens handicapés… dès 1980, de façon généraliste ! Suivis par le Danemark, l’Allemagne et la Suisse. Ces discussions se déroulaient le plus souvent sans les intéressés eux-mêmes, probablement considérés comme trop concernés pour être objectifs et clairvoyants en matière de sexualité !

17

Pourtant, les attentes sont bien réelles et se font de plus en plus pressantes et insistantes. D’autant plus que des voisins européens donnent l’exemple, et un exemple positif. C’est ainsi que, ici ou là, des directeurs d’établissements, des aidants et des parents refusent de se voiler la face et prennent le risque de mettre en relation un résidant et une prostituée, pleinement conscients des conséquences d’une accumulation des tensions libidinales sur l’équilibre et du droit à l’accès au plaisir pour tout un chacun.

18

Avancer dans ce domaine n’est facile pour personne ! Mais est-ce vraiment aussi difficile qu’on a bien voulu le croire et/ou le leur faire croire. Dépassons les réticences culturelles, politiques et religieuses qui brouillent l’objectivité des perplexes, charitables et bien-pensants.

19

D’un point de vue éthique, se pose et se posera toujours la question de savoir jusqu’où aller dans cet accompagnement délicat, sans créer de nouvelles dépendances ni mettre en danger la personne en situation de handicap et/ou l’accompagnant (e) sexuel (le). Les barrières et les doutes existeront toujours et partout. Néanmoins, pour comprendre les tenants et les aboutissants de l’accompagnement sexuel, nous devons voir comment et pourquoi, dans les pays qui nous entourent [9] C. Agthe Diserens, F. Vatré, Accompagnement érotique... [9] , ces accompagnements intimes existent depuis plus de vingt ans parfois, sans qu’aucune dérive ait été constatée.

Contexte juridique

20

Qu’en est-il sur le plan juridique ? Pourquoi dans ces pays l’accompagnement sexuel, dans ses différentes formes, est-il possible et pas en France ?

21

Selon Caroline Gelly [10] Juriste travaillant notamment pour Handicap international.... [10] : « La prostitution (du latin prostituere : mettre devant, exposer au public) se définit comme l’activité consistant à solliciter, accepter ou obtenir, en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération, des relations de nature sexuelle [11] Code pénal, article L 225-12-1, alinéa 1 (définition... [11] . » L’accompagnement érotique, lui, consiste à prodiguer des prestations sexuelles aux personnes handicapées en contrepartie d’une rémunération. La crainte des initiateurs de l’accompagnement érotique en France est donc légitime, même s’il est intéressant de constater que tous les pays d’Europe occidentale n’ont pas la même approche de la prostitution, qui n’a d’ailleurs pas partout le même statut juridique [12] Savoirs en commun http:// savoirs. u-strasbg. fr/ telecharger/... [12] . Ainsi l’Allemagne ou les Pays-Bas sont des pays dits « réglementaristes ». Cela signifie que la prostitution est acceptée dans un cadre juridique précis, qui la réglemente comme toute autre activité. Ces pays, qui ont une vision plus ouverte et libérale de la prostitution, ont mis en place des structures organisant l’accompagnement érotique. À l’inverse, la Suède par exemple, pays « prohibitionniste », interdit la prostitution. Il est intéressant de constater qu’elle ne dispose pas de service en assistance sexuelle.

22

Entre le régime réglementariste et le régime prohibitionniste, la France se démarque en adoptant une attitude dite « abolitionniste ». Cela signifie que la France n’interdit pas la prostitution de manière générale et absolue mais ne l’interdit que lorsqu’elle concerne des mineurs ou des personnes particulièrement vulnérables [13] Code pénal article L 225-12-1. [13] . Elle ne réglemente pas non plus son activité en tant que telle, mais met tout en œuvre pour lutter contre la criminalité dont elle est un des principaux vecteurs.

23

Cela étant, Caroline Gelly [14] Op. cit. [14] nous précise qu’en France : « Ce n’est pas parce que la personne qui joue le simple rôle d’intermédiaire n’a pas l’intention de tirer elle-même profit de l’activité de la prostituée ou de l’accompagnant sexuel concerné qu’elle ne peut être juridiquement assimilée à un proxénète. En pratique, s’il est vraisemblable que devant un tribunal une telle personne obtienne une décision clémente, il n’en demeure pas moins qu’elle court le risque d’être poursuivie et jugée par un tribunal. Or, un tribunal n’a pas le choix, il doit appliquer la loi pénale de manière stricte, conformément à ce que commande l’article L 111-4 du Code pénal [15] Code pénal article L 111-4 : la loi pénale est d’interprétation... [15] .

24

En conséquence, il faut déconnecter l’accompagnement sexuel des personnes handicapées de la notion de prostitution. »

Un droit fondamental

25

Un droit fondamental est un droit que l’État doit respecter et faire respecter.

26

Le droit à la sexualité peut être considéré comme un droit fondamental. En effet : « À ce jour, le droit d’entretenir des relations sexuelles n’est pas clairement garanti par un texte. Toutefois, ce droit existe et il est analysé par les juridictions comme une manifestation du droit à la vie privée, bien plus qu’une manifestation du droit de disposer de son corps [16] G. Lebreton, Liberté publique et droits de l’Homme,... [16] . »

27

Notons que la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la répression pénale qui s’applique en Irlande aux actes homosexuels de majeurs consentants en privé [17] cedh, 22 octobre 1981 dudgeon c/ Irlande (article 8... [17] , jugeant que toute législation condamnant de telles pratiques est contraire à l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (cedh), comme affectant en permanence et directement le droit au respect de la vie privée.

28

Par conséquent, « que faut-il faire afin que l’accompagnement sexuel devienne une réalité tangible dans notre pays ? [18] C. Gelly. [18] »

29

Car « les personnes handicapées, qui revendiquent leur droit à la sexualité, sous-entendent pour la plupart que, n’ayant pas de vie sexuelle, il faudrait leur garantir qu’elles pourront en avoir une, ce qui est très différent de ne pas interdire de vivre une sexualité existante [19] Id. [19] ».

30

Et « à ce stade de la réflexion, il apparaît que le droit pour une personne handicapée de vivre une sexualité trouve parfaitement sa place au sein du droit à la vie privée qui, lui, est un droit fondamental large et évolutif. En théorie donc, le droit de vivre une sexualité existe déjà à travers le droit à la vie privée. Il trouve également sa place à travers le droit au respect de la vie familiale, lui aussi reconnu et protégé par l’article 8 de la cedh et plus récemment par l’article 23 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées [20] Convention relative aux droits des personnes handicapées... [20] , adoptée le 6 décembre 2006 par l’Assemblée générale des Nations unies, intitulé “Respect du domicile et de la famille”, qui est une autre subdivision du droit au respect de la vie privée [21] Id. [21] ».

Des solutions concrètes

31

Comme le laisse entrevoir ce qui précède, des solutions existent pour mettre en œuvre l’accompagnement sexuel en France, tant au niveau juridique que législatif.

32

D’abord, sur un plan juridique, Caroline Gelly [22] Id. [22] nous indique que : « L’article L 225-6 du Code pénal dispose qu’est assimilé au proxénétisme et puni des peines prévues par l’article 225-5 le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit, de faire office d’intermédiaire entre deux personnes dont l’une se livre à la prostitution et l’autre exploite ou rémunère la prostitution d’autrui. La solution serait donc de remplacer le “ou” en “et” ! Puis, de faire peser la rémunération de la prostituée sur un tiers et non sur la personne handicapée. Ainsi, la personne handicapée serait distincte de celle qui “rémunère la prostitution d’autrui”. Par conséquent, dans la mise en œuvre de l’accompagnement érotique, il manquerait inévitablement une condition pour que l’intermédiaire entre dans le champ d’application des sanctions pénales de l’article L 225-6 du Code pénal et il serait ainsi protégé. » La seconde voie serait « d’amender les lois pénales en vigueur en introduisant une exception pour les personnes handicapées. Bien qu’elle soit la solution la plus satisfaisante, elle n’est toutefois pas la plus simple et surtout pas la plus rapide. En outre, une telle démarche exigerait de solutionner un certain nombre de questions morales qui interviendraient inévitablement au cours des débats ».

33

Du point de vue législatif, la loi du 11 février 2005 dans son l’article L. 114-1-1 du casf précise : « La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. Cette compensation consiste à répondre à ses besoins, qu’il s’agisse de l’accueil de la petite enfance, de la scolarité, de l’enseignement, de l’éducation, de l’insertion professionnelle, des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de sa citoyenneté et de sa capacité d’autonomie, du développement ou de l’aménagement de l’offre de service, permettant notamment à l’entourage de la personne handicapée de bénéficier de temps de répit, du développement de groupes d’entraide mutuelle ou de places en établissements spécialisés, des aides de toute nature à la personne ou aux institutions pour vivre en milieu ordinaire ou adapté, ou encore en matière d’accès aux procédures et aux institutions spécifiques au handicap ou aux moyens et prestations accompagnant la mise en œuvre de la protection juridique régie par le titre XI du livre Ier du Code civil. Ces réponses adaptées prennent en compte l’accueil et l’accompagnement nécessaires aux personnes handicapées qui ne peuvent exprimer seules leurs besoins. » Donc, il suffirait d’ajouter dans le décret 2005-1591, du 19 décembre 2005, à l’annexe 2-5, à l’énumération des différents actes essentiels : « … actes liés à l’entretien personnel, actes liés aux déplacements, actes liés à la participation à la vie sociale, actes liés à la vie intime. »

34

Cependant, obtenir ces modifications juridiques et législatives n’est pas suffisant. Deux problèmes restent en suspens : comment prendre en charge l’accompagnement sexuel et qui va le gérer ?

35

Concernant la prise en charge financière, il semble logique que celle-ci passe par le biais de la Prestation de compensation du handicap [23] C. Gelly précise : « L’idée de financer l’accompagnement... [23] . Plus exactement, qu’elle entre dans le cadre des charges spécifiques prévues par la loi de 2005. Par contre, si nous voulons rester en accord avec l’esprit de la loi, nous devrons proposer une prise en charge partielle de cet accompagnement pour conserver la logique d’autonomisation des personnes. Faute de quoi nous demeurerions dans une logique d’assistanat.

36

Si l’accompagnement sexuel est un droit, ce n’est pas pour autant un dû et, en aucun cas, il faut que cela le devienne.

37

Enfin, comme le suggère Caroline Gelly, « Pourquoi ne pas créer, à l’image des pays du Nord “réglementaristes”, des structures qui offriraient suffisamment de garanties, pour la société tout entière, comme pour les acteurs de l’accompagnement érotique ?

38

Dans tous les cas (exception législative, modification partielle du texte de droit commun ou absence totale de modification législative), des garanties devraient impérativement servir de garde-fous. Nous pouvons en citer trois : l’élimination du but lucratif recherché par les proxénètes qui exploitent les revenus issus de la prostitution [24] Id. Je cite : « Organiser sans but lucratif l’accompagnement... [24] , le plus souvent dans des conditions de grande violence, une formation adaptée des pratiquants et la garantie d’une certaine moralité par la prestation d’un serment [25] Id. « Le serment fixe un cadre éthique à l’exercice... [25] . »

Collectif interassociatif

39

Cette structure [26] Le collectif « handicaps et sexualités » (chas) est... [26] à but non lucratif, chargée de la gestion de l’accompagnement à la vie affective et sexuelle, devrait reposer selon nous [27] Ce « nous » désigne un collectif de personnes réfléchissant... [27] sur un collectif interassociatif. Ainsi, chaque association adhérente sera conduite à assumer une part de responsabilité dans son fonctionnement, tant en matière de sélection et de formation des candidats à l’accompagnement sexuel [28] Il est primordial de changer leur regard sur les personnes... [28] que de sensibilisation, d’écoute, d’information et de conseils à la personne en situation de handicap (mineure ou majeure), à sa famille ou à ses accompagnants. S’il paraît délicat, voire impossible, pour le moment, d’envisager un accompagnement sexuel au profit des adolescents (bien que leurs congénères valides aient souvent, de nos jours, des rapports sexuels avant 18 ans sans que cela ne gêne plus personne !), il n’empêche qu’il sera essentiel de leur proposer une écoute, des conseils et, pourquoi pas, un accompagnement « soft » (en attendant une ouverture des mentalités), car il est nécessaire que les adolescents handicapés soient libérés de la confusion des rôles qu’impose une grande dépendance (physique ou mentale), « soulagés » de leurs tensions physiques et libidinales, et qu’ils puissent expérimenter et/ou appréhender certaines situations de leur vie sexuelle. Les parents n’ont pas à entrer dans ces initiations. Parents et adolescents doivent pouvoir être entendus et accompagnés séparément et/ou consécutivement.

40

Simultanément, une réflexion et une concertation devront être conduites autour de l’accompagnement sexuel, pour toutes les situations de dépendance (handicaps physique, sensoriel, mental, physique, etc.), ainsi que pour les personnes âgées.

En guise de conclusion

41

L’accompagnement sexuel et affectif contraint (positivement) la société occidentale à changer son regard sur les personnes en situation de dépendance en leur reconnaissant une dimension humaine jusque-là évacuée ou négligée.

42

Mais qu’est l’être humain ? À partir de quand est-on humain ? Et, en allant plus loin, une personne handicapée dépendante de son prochain est-elle pleinement humaine ? Ou faut-il la considérer différemment du fait de sa dépendance ?

43

Questions incontournables, suscitées par la reconnaissance du droit à une vie affective et sexuelle qui exige désormais des réponses singulières, adaptées à chacun (e). Pour cela, la société doit dépasser les peurs liées à la sensualité, à l’érotisme et au charnel, et comprendre que les personnes « autrement capables » en sont, elles aussi, habitées.

44

Élargissons les horizons autant que faire se peut, à tous les niveaux et dans toutes les sphères : politiques, sociales et culturelles, si nous voulons que « l’égalité des droits et des chances » soit un jour une réalité européenne. Car il n’y aura pas d’Europe véritable sans politique sociale et citoyenne intégrative.

Notes

[1]

Époque à laquelle on prenait en charge les personnes handicapées et où on estimait avoir fait son travail quand elles étaient nourries et blanchies.

[2]

D. Noury, La compensation du handicap en Suède, rapport n° 2003-052 de l’Inspection générale des affaires sociales, 2003.

[3]

Comme en Suède.

[4]

Loi pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».

[5]

M. Nuss, La présence à l’autre, Paris, Dunod, 2008.

[6]

H.-J. Stiker, Corps infirmes et sociétés, Paris, Dunod, 2007.

[7]

Pour des raisons pratiques et de meilleure lisibilité, l’auteur fera le choix d’utiliser le masculin mais, évidemment, ce sont bien les femmes et les hommes, hétérosexuels et homosexuels, que recouvre ce choix littéraire.

[8]

Le mot « soulagement » est à prendre dans le sens « d’être soulagé de » et non dans celui « de se soulager de » (à la connotation triviale souvent). Car, en l’occurrence, il s’agit de soulager des personnes de leurs tensions physiques, psychiques et libidinales, provoquées par les refoulements, les frustrations, voire la maltraitance passive. Enfin, l’accompagnement sexuel, me semble-t-il, relève d’un « soulagement » et non d’un soin, parce que l’accompagnement affectif et sexuel ne relève pas d’un besoin vital, au sens médical du mot, donc d’une prise en charge par la Sécurité sociale.

[9]

C. Agthe Diserens, F. Vatré, Accompagnement érotique et handicaps : au désir des corps, réponses sensuelles et sexuelles avec cœur, Lyon, Chronique sociale, 2006.

[10]

Juriste travaillant notamment pour Handicap international. Les passages présentés dans cet article sont extraits de Handicaps et sexualités : le livre blanc, sous la direction de M. Nuss, Paris, Dunod, 2008.

 


01/01/2015
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CHARTE VIE SEXUELLE DES HANDICAPE'ES)

 

 

CHARTE SUR LA VIE AFFECTIVE ET SEXUELLE DES PERSONNES HANDICAPEES.

Assohandicap

54 rue blanquerie

11300 Limoux

assohandicap@live.fr

Le but de la présente Charte, est de fournir un cadre de références communes en matière de reconnaissance et d'accompagnement de la vie affective et sexuelle de la personne handicapée mentale, et portant un physique disgracieux. Cette charte mentionne quelques principes relatifs à la mixité, la relation amoureuse. Ouvrent la réflexion de chacun, mais n'écartent pas pour autant l'individualité. Tout accompagnement se réfléchit en fonction des spécificités et des attentes de chaque personne.

I - PREAMBULE

Traiter du thème de la sexualité des personnes handicapées mentales, et portant un physique dit « disgracieux » n'est pas chose facile. Les manifestations sexuelles des personnes handicapées mentales entre autres, nous interpellent, nous questionnent, résonnent en nous, et souvent nous renvoient à nos propres difficultés plus ou moins bien surmontées. Mais si nous voulons reconnaître la personne déficiente mentale, et physique, comme un être sexué, nous devons nous efforcer de questionner notre politique en matière de sexualité.

Qu'entendons-nous par sexualité ?

Dans nos sociétés, nous reconnaissons une place de plus en plus importante à la sexualité. Elle est intégrée au développement global de l'être humain et participe à l'équilibre physique, affectif et social de tout individu.

La sexualité commence dès la naissance. Elle ne désigne pas seulement les activités et le plaisir qui dépendent du fonctionnement de l'appareil génital, mais aussi un mode de satisfaction non directement lié à la génitalité et qui s'exprime dès l'enfance. Par conséquent, la sexualité ne se limite pas à la seule génitalité.

En résumé, la sexualité est un concept large englobant à la fois tout ce qui est du ressort de la génitalité, mais aussi tout ce qui a trait aux besoins relationnels, affectifs de tout être humain. Rappelons-le, réduire la sexualité à l'acte génital conduirait bien souvent à méconnaître les besoins pulsionnels propres à certaines personnes handicapées mentales.

L'objectif de cette charte est de préciser ce que nous pensons être en mesure de favoriser, d'accepter, d'encourager. Ce document doit nous aider à édifier un cadre où seront mis en place un certain nombre de repères, avec comme objectif principal de permettre à la personne handicapée mentale de vivre sa sexualité d'une manière aussi épanouissante que possible.

Par ailleurs, si nous cherchons à délimiter, à préciser nos positions face à la sexualité des personnes déficientes mentales, et physique, c'est dans la perspective qu'elles servent de garant, et de ce fait, nous aident à accompagner d'une manière structurée et structurante la sexualité de la personne handicapée mentale, entre autre. Notre objectif est de l'amener à se construire et à adopter un comportement sexuel socialement accepté et ainsi valoriser son propre rôle social. Il est évident que la situation de chaque personne est à considérer dans son individualité.

III - PRINCIPALES REGLES

La vie sexuelle des personnes handicapées mentales et physiques, comporte une dimension personnelle et intime, mais aussi une dimension sociale, qui, en institution, concerne particulièrement le personnel et les familles. Chacun de ces acteurs -résident, personnel, familles, - dispose de droits et de devoirs que le présent document vise à définir dans ses grandes lignes. Nous devons respecter le « projet de vie » de chaque personne dans cette situation. Les MDPH doivent aussi en tenir compte.

. L'éducation sexuelle

L'éducation sexuelle ne se résume pas à une instruction sexuelle. Grande est la tentation de la réduire souvent à une transmission de connaissances, d'un savoir concernant les organes sexuels et leur fonctionnement. L'éducation sexuelle doit avant tout reconnaître l'autre comme sujet de désir.

En matière d'éducation sexuelle, il convient d'établir un partenariat entre la personne handicapée mentale et un adulte de son choix (éducateur, thérapeute, ou autre). Donner la parole à la personne handicapée, ne pas savoir à sa place, cheminer avec elle, reconnaître ses difficultés spécifiques, ne pas porter de jugements de valeurs, sont autant d'objectifs visés par un tel partenariat. Il s'agira, par conséquent, comme dans tout accompagnement, de trouver la juste distance relationnelle qui favorise le dialogue.

Adopter une attitude de vigilance en matière d'éducation sexuelle revient à favoriser, à proposer le dialogue sans l'imposer, à saisir le moment opportun (ni trop tôt, ni trop tard) pour se mettre à l'écoute de l'autre et rendre accessible le dialogue. Toute éducation sexuelle doit tenir compte du vécu de la personne, de ses réelles préoccupations. Il ne s'agit pas de devancer les questions de la personne, mais bien au contraire de respecter, tenir compte de son besoin légitime de reconnaître, comme celui tout aussi légitime de méconnaître, de ne pas savoir. La méconnaissance, qualifiée souvent d'un "savoir sans savoir", est à accepter, et constitue parfois une étape nécessaire dans la vie de l'individu.

L'éducation sexuelle doit être souple et individualisée. Ainsi, lorsqu'elle s'adresse à des personnes déficientes intellectuelles, elle doit être adaptée et prendre en compte les décalages existant entre le développement physique, affectif et cognitif. Toute intervention en matière d'éducation sexuelle doit se faire en considérant l'ensemble du développement de la personne handicapée mentale. et disgracieuse. Dans le respect des principes énoncés ci-dessus, l'éducation sexuelle, s'appuyant sur des supports éducatifs.

L'intervention en matière d'éducation sexuelle s'articulera autour de trois axes : le savoir, le savoir-faire, le savoir-être.

Le savoir : il s'agit de fournir les connaissances, les renseignements relatifs à la sexualité en général, de compléter voire de rectifier des informations glanées ailleurs (TV, médias) qui peuvent souvent être mal comprises, mal assimilées et de ce fait pas maîtrisées. Parallèlement, fournir aux personnes handicapées tous les renseignements concernant la contraception, les MST, le sida. Il va de soi que toutes les informations doivent être données dans un climat de confiance, de respect, sans culpabiliser la personne.

Le savoir-faire : autre versant de cette intervention, il vise les modalités habituelles de l'expression de la sexualité, les comportements sexuels socialement admis.

Le savoir-être : au cours de cette éducation sexuelle, il faut responsabiliser la personne handicapée, l'amener à adopter et à mettre en place une manière d'être valorisante pour elle-même, l'aider à construire une image de soi positive.

La fréquentation de couples existe de longue date. Elle est souvent exemplaire de fidélité et de délicatesse. Des manifestations publiques de tendresse sont autorisées, dans la limite de la bienséance, en dehors des lieux de travail. Le personnel dans son ensemble veillera à limiter les excès avec tact.

Fermeté. L'autorisation de recevoir un ou une amie dans sa chambre pourra être donnée dans une certaine plage horaire, et au cas par cas, en tenant compte des personnes.

Pour des couples stables, la cohabitation pourra être envisagée. En règle générale, le projet de cohabitation sera l'aboutissement d'un processus d'accession à l'autonomie et se concrétisera à l'extérieur de la Fondation, avec un suivi  en tant que de besoin. Il faudra veiller toutefois à ce que "accession à l'autonomie" et "cohabitation" ne deviennent pas synonymes. Dans certains cas particuliers, une cohabitation interne au pourra être envisagée, dans une structure adaptée (ex : Le Bosquet) et un cadre semi-encadré. Elle pourra constituer une préparation et une situation transitoire pour des couples amenés à vivre plus tard à l'extérieur, ou une situation durable pour des couples stables n'ayant pas les capacités à vivre de façon autonome.

De manière générale, nous devons favoriser l'idée que fréquentation et cohabitation s'inscrivent dans la durée. Pour certains couples stables et autonomes, vivant à l'extérieur du le mariage pourra être envisagé. Une telle officialisation du couple pourra relever de l'accompagnement du SAVS. En cas de tutelle ou de curatelle, le mariage nécessite l'autorisation du tuteur ou du curateur.

1.5. Homosexualité

L'homosexualité peut être l'expression d'une sexualité qui s'oriente par nature vers un individu de même sexe. Mais elle peut également être liée à un environnement restrictif où il n'y a pas de mixité. L'ouverture à la mixité de certaines structures adultes amènera peut être certaines personnes à privilégier d'autres choix.

Quelle que soit l'origine de cette homosexualité, nous acceptons la possibilité de telles relations, sans pour autant les considérer comme normales, dans la mesure où il y a consentement mutuel des deux partenaires et acceptation réciproque de la situation. Lorsque l'un des protagonistes subit la relation, notre devoir est de ne pas la tolérer (ce qui est vrai aussi dans le cas d'une relation hétérosexuelle).

1. 6. Masturbation

Les comportements liés à la masturbation apparaissent à l'âge de l'enfance. Manifestation d'auto-érotisme, la masturbation est considérée comme une manifestation normale de la sexualité. Elle est fréquente chez un grand nombre de personnes déficientes mentales. On l'observe aussi bien chez des personnes polyhandicapées que chez des personnes moins déficientes.

Pratiqués dans l'intimité, dans un endroit privé, dans un contexte ne gênant pas les autres personnes, les comportements de masturbation sont acceptables. Ils peuvent être reconnus comme étant l'un des plaisirs auquel la personne handicapée peut accéder. Dans l'optique de la valorisation du rôle social de la personne handicapée, il convient de la responsabiliser face à ses activités masturbatoires. Il est souhaitable de la sensibiliser à ce qui est acceptable au niveau social. Ainsi, de telles activités ne sont tolérées que dans les lieux d'habitation où l'intimité de la personne est sauvegardée.

En revanche, il est souhaitable de fixer des limites restrictives à ce type de comportements, dès que ceux-ci mettent en danger la personne handicapée. Dès que l'activité masturbatoire entraîne des lésions, des blessures corporelles au niveau des organes génitaux, nous devons protéger la personne et ne pas les accepter.

1. 7. Les maladies sexuellement transmissibles (MST)

Une étude menée en Ile de France indique que 50 % des personnes handicapées mentales ont des relations sexuelles et 75 % d'entre elles les ont avec d'autres adultes handicapés mentaux, le plus souvent à travers des relations multiples. Bien que non transposables au, ces chiffres

CONCLUSION

Le domaine de la vie affective et sexuelle reste un domaine délicat, que la personne soit handicapée ou non. Il touche des aspects multiples de la vie (sociaux, médicaux, religieux, ...) dans un monde qui bouge considérablement. Il ne saurait donc être question de légiférer de manière définitive dans un tel domaine, où seuls l'écoute, le dialogue, l'information et la formation permanente peuvent permettre à tous, et plus particulièrement aux personnes handicapées, de progresser vers l'équilibre et l'épanouissement. Le présent document n'a pas d'autre ambition que de rappeler cette nécessité

 


01/01/2015
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ASSISTANT SEXUEL

 

ASSISTANTS OU AIDANTS-SEXUEL.

Ils existent depuis plus de 20 ans en Hollande (la SAR, 1982) et Danemark 17 ans en Allemagne (le Sensis, 1995), plus récemment en Suisse allemande, et maintenant en Suisse française. Pour quand en France ? Ils existent en france, mais exercent bénévolement officieusement mais pas officiellement.
Prostitution ou non ? non L'assistance sexuelle est une offre de sensualité, de caresses érotiques et sexuelles, d'affection où cunnilingus, fellation et pénétration sont en général proscrits, pouvant se pratiquer sur demande de la personne. Mais bénévolement Mais il n'y a aucun rapport avec " une passe ". C'est un don de soi pendant une heure.

Pourquoi vouloir faire un tel "travail" ? Des hommes, des femmes ont décidé d'apporter ce qu'ils pouvaient donner aux autres : leur tendresse, leur affection. Ils veulent prendre dans les bras et accueillir contre leur peau la souffrance humaine et la solitude, caresser des corps ratatinés par les contractures, toucher affectueusement des membres amaigris par la paralysie, transmettre du bonheur en massant tendrement des corps abîmés pour leur insuffler du bien-être.
Comment devenir assistant(e)s sexuel(le)s ? La formation comprend une sélection rigoureuse, un travail de réflexion. Elle a pour ligne de conduite le respect de la personne handicapée et de son intimité. Puis, les accompagnateurs sont supervisés dans leur travail. Chacun veille à être à l'écoute du désir de la personne handicapée, apprend à verbaliser ce qu'il comprend pour être sûr de la demande, essai de percevoir les souhaits non exprimés. Il est tellement facile de dire " c'était pour son bien " et d'abuser celui qui ne peut parler et se mobiliser. C'est pourquoi un tel service ne peut se mettre en place que bénévolement. Ces assistants exercent un autre métier, au moins à mi-temps, et consacrent une heure quand on les appelle pour offrir de l'amour par le biais de massage érotique, de confidence, d'écoute, d'aide à réaliser certaines caresses. A combien d'euros peut-on évaluer le bonheur transmis dans ces échanges ou la personne handicapée est considérée comme un individu à part entière et ou les caresses se font sur la totalité du corps sans montrer ni peur, ni dégoût ?
Pourquoi les professionnels ne sont-ils pas adaptés pour ces prestations ? Pourquoi les professionnels ne sont-ils pas adaptés pour ces prestations ? Offrir ce bien-être aucun médecin, infirmière ou professionnels du soin, ne peut le faire d'autant que la loi l'interdit et que les conséquences psychologiques lors de passage à l'acte peuvent provoquer de profondes dépressions, un fracas psychologique et des tentatives de suicides.
Pourquoi une prostituée n'est-elle pas adaptée pour ces prestations ? S'il est simple de dire " Ils n'ont qu'à aller voir des prostituées ". Il est très difficile d'en trouver une qui accepte d'aller avec une personne handicapée (trop de perte de temps, peur, locaux inaccessibles...) Pendant une passe, pressée par le temps, jaillissent des réflexions douloureuses à entendre surtout lors des premières fois ou lors de difficulté: " Alors, ça vient ? " L'esprit est davantage au sexe rapide qu'à l'émotion affective.
Les aidant(e)s sexuel(le)s ont une obligation de suivi médical pour éviter de transmettre des maladies sexuellement transmissibles. Ils savent manipuler une personne alitée sans lui déclencher de douleur, la déshabiller puis la rhabiller, faire avec la sonde respiratoire de trachéotomie, remettre un pénilex à la fin de l'acte...Ils ne repartent que quand la personne est à nouveau confortablement installée épanouie.
Qui sommes-nous pour avoir le droit de juger de ce qui est bien pour les autres sous prétexte de handicap Personne n'interdit le développement les " Câlins gratuits " puisque cela s'adresse à des personnes autonomes !. Cette idée naît en Australie en avril 07 a été aussitôt reprise au japon et dans le monde entier par le biais d'Internet. Des personnes se plantent debout en pleine rue avec une pancarte ou il est écrit " Free hugs " ou " Câlins gratuits " et enlacent ceux qui le désirent...
Pour l'instant, en France, une alternative à l'assistance sexuelle, peuvent être les massages complets de tout le corps pendant également une heure mais ou l'aspect sexuel n'est pas abordé.
Les fractures de la vie font réfléchir et changer nos convictions. Parler de certains sujets sans être concernés est aisé. Mais si à la suite d'un accident ou d'une maladie, vous vous retrouviez totalement dépendant. Bloqué dans votre lit, à attendre pour qu'on vous gratte le nez, à patienter pour que quelqu'un vous fasse boire, à subir les sarcasmes de celui qui vous lave le derrière. Abandonné par votre partenaire. Seul, ne sachant comment rencontrer quelqu'un qui pourrait vous aimer dans cet état ? Ecrasé de solitude, peut-être aimeriez vous qu'on vous prenne dans les bras en vous disant des mots tendres, même en échange d'un peu d'argent...
Dr Bernadette Soulier médecin sexologue spécialiste du handicap Diplômé de thérapie comportementale, de psychologie médicale, de sexologie et de relaxation

 


24/12/2014
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CHARTRE AIDE SEXUELLE ET SEXUALITE DES HANDICAPE(ES)

 

 

CHARTE SUR LA VIE AFFECTIVE ET SEXUELLE DES PERSONNES HANDICAPEES.

Assohandicap

54 rue blanquerie 11300 Limoux

assohandicap@live.fr

Le but de la présente Charte, est de fournir un cadre de références communes en matière de reconnaissance et d'accompagnement de la vie affective et sexuelle de la personne handicapée mentale, et portant un physique disgracieux. Cette charte mentionne quelques principes relatifs à la mixité, la relation amoureuse. Ouvrent la réflexion de chacun, mais n'écartent pas pour autant l'individualité. Tout accompagnement se réfléchit en fonction des spécificités et des attentes de chaque personne.

I - PREAMBULE

Traiter du thème de la sexualité des personnes handicapées mentales, et portant un physique dit « disgracieux » n'est pas chose facile. Les manifestations sexuelles des personnes handicapées mentales entre autres, nous interpellent, nous questionnent, résonnent en nous, et souvent nous renvoient à nos propres difficultés plus ou moins bien surmontées. Mais si nous voulons reconnaître la personne déficiente mentale, et physique, comme un être sexué, nous devons nous efforcer de questionner notre politique en matière de sexualité.

Qu'entendons-nous par sexualité ?

Dans nos sociétés, nous reconnaissons une place de plus en plus importante à la sexualité. Elle est intégrée au développement global de l'être humain et participe à l'équilibre physique, affectif et social de tout individu.

La sexualité commence dès la naissance. Elle ne désigne pas seulement les activités et le plaisir qui dépendent du fonctionnement de l'appareil génital, mais aussi un mode de satisfaction non directement lié à la génitalité et qui s'exprime dès l'enfance. Par conséquent, la sexualité ne se limite pas à la seule génitalité.

En résumé, la sexualité est un concept large englobant à la fois tout ce qui est du ressort de la génitalité, mais aussi tout ce qui a trait aux besoins relationnels, affectifs de tout être humain. Rappelons-le, réduire la sexualité à l'acte génital conduirait bien souvent à méconnaître les besoins pulsionnels propres à certaines personnes handicapées mentales.

L'objectif de cette charte est de préciser ce que nous pensons être en mesure de favoriser, d'accepter, d'encourager. Ce document doit nous aider à édifier un cadre où seront mis en place un certain nombre de repères, avec comme objectif principal de permettre à la personne handicapée mentale de vivre sa sexualité d'une manière aussi épanouissante que possible.

Par ailleurs, si nous cherchons à délimiter, à préciser nos positions face à la sexualité des personnes déficientes mentales, et physique, c'est dans la perspective qu'elles servent de garant, et de ce fait, nous aident à accompagner d'une manière structurée et structurante la sexualité de la personne handicapée mentale, entre autre. Notre objectif est de l'amener à se construire et à adopter un comportement sexuel socialement accepté et ainsi valoriser son propre rôle social. Il est évident que la situation de chaque personne est à considérer dans son individualité.

III - PRINCIPALES REGLES

La vie sexuelle des personnes handicapées mentales et physiques, comporte une dimension personnelle et intime, mais aussi une dimension sociale, qui, en institution, concerne particulièrement le personnel et les familles. Chacun de ces acteurs -résident, personnel, familles, - dispose de droits et de devoirs que le présent document vise à définir dans ses grandes lignes. Nous devons respecter le « projet de vie » de chaque personne dans cette situation. Les MDPH doivent aussi en tenir compte.

. L'éducation sexuelle

L'éducation sexuelle ne se résume pas à une instruction sexuelle. Grande est la tentation de la réduire souvent à une transmission de connaissances, d'un savoir concernant les organes sexuels et leur fonctionnement. L'éducation sexuelle doit avant tout reconnaître l'autre comme sujet de désir.

En matière d'éducation sexuelle, il convient d'établir un partenariat entre la personne handicapée mentale et un adulte de son choix (éducateur, thérapeute, ou autre). Donner la parole à la personne handicapée, ne pas savoir à sa place, cheminer avec elle, reconnaître ses difficultés spécifiques, ne pas porter de jugements de valeurs, sont autant d'objectifs visés par un tel partenariat. Il s'agira, par conséquent, comme dans tout accompagnement, de trouver la juste distance relationnelle qui favorise le dialogue.

Adopter une attitude de vigilance en matière d'éducation sexuelle revient à favoriser, à proposer le dialogue sans l'imposer, à saisir le moment opportun (ni trop tôt, ni trop tard) pour se mettre à l'écoute de l'autre et rendre accessible le dialogue. Toute éducation sexuelle doit tenir compte du vécu de la personne, de ses réelles préoccupations. Il ne s'agit pas de devancer les questions de la personne, mais bien au contraire de respecter, tenir compte de son besoin légitime de reconnaître, comme celui tout aussi légitime de méconnaître, de ne pas savoir. La méconnaissance, qualifiée souvent d'un "savoir sans savoir", est à accepter, et constitue parfois une étape nécessaire dans la vie de l'individu.

L'éducation sexuelle doit être souple et individualisée. Ainsi, lorsqu'elle s'adresse à des personnes déficientes intellectuelles, elle doit être adaptée et prendre en compte les décalages existant entre le développement physique, affectif et cognitif. Toute intervention en matière d'éducation sexuelle doit se faire en considérant l'ensemble du développement de la personne handicapée mentale. et disgracieuse. Dans le respect des principes énoncés ci-dessus, l'éducation sexuelle, s'appuyant sur des supports éducatifs.

L'intervention en matière d'éducation sexuelle s'articulera autour de trois axes : le savoir, le savoir-faire, le savoir-être.

Le savoir : il s'agit de fournir les connaissances, les renseignements relatifs à la sexualité en général, de compléter voire de rectifier des informations glanées ailleurs (TV, médias) qui peuvent souvent être mal comprises, mal assimilées et de ce fait pas maîtrisées. Parallèlement, fournir aux personnes handicapées tous les renseignements concernant la contraception, les MST, le sida. Il va de soi que toutes les informations doivent être données dans un climat de confiance, de respect, sans culpabiliser la personne.

Le savoir-faire : autre versant de cette intervention, il vise les modalités habituelles de l'expression de la sexualité, les comportements sexuels socialement admis.

Le savoir-être : au cours de cette éducation sexuelle, il faut responsabiliser la personne handicapée, l'amener à adopter et à mettre en place une manière d'être valorisante pour elle-même, l'aider à construire une image de soi positive.

La fréquentation de couples existe de longue date. Elle est souvent exemplaire de fidélité et de délicatesse. Des manifestations publiques de tendresse sont autorisées, dans la limite de la bienséance, en dehors des lieux de travail. Le personnel dans son ensemble veillera à limiter les excès avec tact.

Fermeté. L'autorisation de recevoir un ou une amie dans sa chambre pourra être donnée dans une certaine plage horaire, et au cas par cas, en tenant compte des personnes.

Pour des couples stables, la cohabitation pourra être envisagée. En règle générale, le projet de cohabitation sera l'aboutissement d'un processus d'accession à l'autonomie et se concrétisera à l'extérieur de la Fondation, avec un suivi du SAVS en tant que de besoin. Il faudra veiller toutefois à ce que "accession à l'autonomie" et "cohabitation" ne deviennent pas synonymes. Dans certains cas particuliers, une cohabitation interne au pourra être envisagée, dans une structure adaptée (ex : Le Bosquet) et un cadre semi-encadré. Elle pourra constituer une préparation et une situation transitoire pour des couples amenés à vivre plus tard à l'extérieur, ou une situation durable pour des couples stables n'ayant pas les capacités à vivre de façon autonome.

De manière générale, nous devons favoriser l'idée que fréquentation et cohabitation s'inscrivent dans la durée. Pour certains couples stables et autonomes, vivant à l'extérieur du le mariage pourra être envisagé. Une telle officialisation du couple pourra relever de l'accompagnement du SAVS. En cas de tutelle ou de curatelle, le mariage nécessite l'autorisation du tuteur ou du curateur.

1.5. Homosexualité

L'homosexualité peut être l'expression d'une sexualité qui s'oriente par nature vers un individu de même sexe. Mais elle peut également être liée à un environnement restrictif où il n'y a pas de mixité. L'ouverture à la mixité de certaines structures adultes amènera peut être certaines personnes à privilégier d'autres choix.

Quelle que soit l'origine de cette homosexualité, nous acceptons la possibilité de telles relations, sans pour autant les considérer comme normales, dans la mesure où il y a consentement mutuel des deux partenaires et acceptation réciproque de la situation. Lorsque l'un des protagonistes subit la relation, notre devoir est de ne pas la tolérer (ce qui est vrai aussi dans le cas d'une relation hétérosexuelle).

1. 6. Masturbation

Les comportements liés à la masturbation apparaissent à l'âge de l'enfance. Manifestation d'auto-érotisme, la masturbation est considérée comme une manifestation normale de la sexualité. Elle est fréquente chez un grand nombre de personnes déficientes mentales. On l'observe aussi bien chez des personnes polyhandicapées que chez des personnes moins déficientes.

Pratiqués dans l'intimité, dans un endroit privé, dans un contexte ne gênant pas les autres personnes, les comportements de masturbation sont acceptables. Ils peuvent être reconnus comme étant l'un des plaisirs auquel la personne handicapée peut accéder. Dans l'optique de la valorisation du rôle social de la personne handicapée, il convient de la responsabiliser face à ses activités masturbatoires. Il est souhaitable de la sensibiliser à ce qui est acceptable au niveau social. Ainsi, de telles activités ne sont tolérées que dans les lieux d'habitation où l'intimité de la personne est sauvegardée.

En revanche, il est souhaitable de fixer des limites restrictives à ce type de comportements, dès que ceux-ci mettent en danger la personne handicapée. Dès que l'activité masturbatoire entraîne des lésions, des blessures corporelles au niveau des organes génitaux, nous devons protéger la personne et ne pas les accepter.

1. 7. Les maladies sexuellement transmissibles (MST)

Une étude menée en Ile de France indique que 50 % des personnes handicapées mentales ont des relations sexuelles et 75 % d'entre elles les ont avec d'autres adultes handicapés mentaux, le plus souvent à travers des relations multiples. Bien que non transposables au, ces chiffres

CONCLUSION

Le domaine de la vie affective et sexuelle reste un domaine délicat, que la personne soit handicapée ou non. Il touche des aspects multiples de la vie (sociaux, médicaux, religieux, ...) dans un monde qui bouge considérablement. Il ne saurait donc être question de légiférer de manière définitive dans un tel domaine, où seuls l'écoute, le dialogue, l'information et la formation permanente peuvent permettre à tous, et plus particulièrement aux personnes handicapées, de progresser vers l'équilibre et l'épanouissement. Le présent document n'a pas d'autre ambition que de rappeler cette nécessité

 


24/12/2014
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INTERVIEW D'UNE AIDANTE SEXUELLE

Interview de Christine Caruana, assistante sexuelle

Il y aurait, actuellement, moins de dix assistants sexuels en France. Si leur nombre est si faible et difficilement mesurable c’est que l’assistance sexuelle est illégale en France car cette pratique est assimilée à de la prostitution. Afin d’en apprendre davantage sur l’engagement de ces assistants dont la vocation est de venir en aide aux personnes en situation de handicap, nous sommes partis à la rencontre de Christine Caruana. Assistante sexuelle, elle exerce cette activité bénévolement à Marseille depuis plusieurs années.

1.  Madame Caruana, pouvez-vous nous expliquer quelles ont été les raisons de votre engagement en tant qu’assistante sexuelle ?

Cela c’est fait en deux temps. Tout d’abord en découvrant le monde du handicap puis par le contact de personnes handicapées. J’ai rencontré Madame Yvette Boyer, Présidente de l’association  » Choisir sa vie «, le bureau et ses adhérents qui sont essentiellement des personnes handicapées. Si leur quotidien était sensiblement comparable au mien, j’entendais leurs souffrances affectives et sexuelles. L’engagement de l’association « Choisir sa vie » en faveur de la reconnaissance d’une vie affective et sexuelle pour les personnes lourdement handicapées a motivé mon positionnement.

Je peux dire que le colloque de Strasbourg en 2007 a été la base de ma réflexion. Cela a débouché sur un travail en groupe, sur une réflexion personnelle puis sur une formation complémentaire et un travail au sein de mon association. Tout cela dans le but de réussir et de faire le bon choix. L’assistance sexuelle est la réponse à un problème de société qu’est la sexualité de la personne handicapée.

2.  En quoi consiste votre activité auprès des personnes en situation de handicap qui font appel à vous ?

Je propose de répondre à une demande de personnes lourdement handicapées. Mon activité consiste donc à :

  • Être éducatrice de santé sexuelle
  • Faire de l’éveil à la sexualité par le  » toucher modelage «. Le  » toucher modelage  » est un massage affectif néanmoins le terme  » massage  » est réservé aux kinésithérapeutes uniquement
  • Les guider sur le chemin de l’autonomie sexuelle

Face aux difficultés à faire des rencontres, à l’isolement et à la solitude, nous avons mis en place des ateliers « séduction » depuis 3 ans au sein desquels nous effectuons :

  • Un travail personnel : lutte contre la timidité, relooking,  expression, jeux de rôle…
  • Un travail avec les autres : apprendre à communiquer, ouvrir son cercle d’amis, savoir se présenter…
  • Un travail pratique et de mises en situation : sorties, organisation de soirée, speed dating, internet…

Cet atelier a permis à nos candidats de réussir dans leurs rencontres et de retrouver une grande confiance en eux.

3.  Pourquoi avoir fait le choix de proposer ce type d’aide bénévolement ?

Je suis tenue de respecter la loi française car nos détracteurs n’ont pas compris le rôle de l’assistance sexuelle. Pour moi, cela a été un travail d’expérimentation et une expérimentation n’est pas payante.

4.  Quels sont les bienfaits de l’assistance sexuelle pour les personnes lourdement handicapées ?

  • Un bien-être physique et moral
  • Se sentir  un homme ou une femme libre de s’exprimer sur son intimité et donc être rassuré
  • Une réappropriation de son corps dans sa globalité

5.  Selon vous, est-il nécessaire d’instaurer un cadre légal à cette activité ? Si oui, pourquoi ?

Ma principale attente se situe dans la modification de la loi. Elle représenterait le symbole de la reconnaissance de l’assistance sexuelle comme dans le film « THE SESSION ». Pour le moment nous travaillons sur une formation d’Assistance Affective Sensuelle et Erotique (toucher de modelage et bien-être) qui représente le résultat de mes quatre années d’expérimentations en respectant la loi, car c’est possible.

 

 


28/04/2014
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Vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap mental

 

assohandicap@live.fr

 

 

 

 

« Vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap mental »

 

Questionnaire anonyme à destination des bénévoles travaillant dans des structures d’hébergement pour personnes en situation de handicap mental

 

 

 

Questionnaire à renvoyer par mail : assohandicap@live.fr

 

ou par courrier à l’une des deux adresses suivantes :

 

Assohandicap 54, rue blanquerie, 11300 Limoux (Aude)

 

N’hésitez pas à diffuser largement ce questionnaire à tout éducateur de votre connaissance, travaillant dans un lieu d’hébergement pour personnes en situation de handicap mental, en France et en Suisse. D’avance merci !

 

 

Si vous répondez au questionnaire sur ordinateur, merci de souligner les cases correspondant à vos réponses.

 

Exemple :

 

Vous êtes :

 

Un homme

 Une femme

 

ou

 

□ Un homme

□ Une femme

 

Sauf indication contraire, il n’y a qu’une seule réponse possible par question.

 

 

 

En prenant le temps de répondre à ce questionnaire, vous contribuez à faire avancer la recherche sur le handicap mental. Merci à vous !

I) Données socio-démographiques

 

 

1. Veuillez s’il vous plaît indiquer votre âge : ____________________

 

2. Vous êtes :

 

 Un homme

Une femme

 

3. Veuillez s’il vous plaît indiquer le nom de la fonction que vous occupez actuellement :

 

__________________________________________

 

4. Veuillez s’il vous plaît indiquer votre / vos nationalité(s) :

 

__________________________________________

 

5. a) Quelle est votre religion ?

 

Catholicisme

 Islam

 Protestantisme

 Judaïsme

 Orthodoxie

 Autre

 Sans religion

 

5. b) Pratiquez-vous votre religion ?

 

 Oui, régulièrement

 Oui, occasionnellement (aux grandes fêtes religieuses)

 Non                                                

 

6. Vous êtes (plusieurs choix possibles) :

 

 Marié(e)

 En concubinage

 En couple non cohabitant

 Divorcé(e)

 Célibataire

 Veuf / veuve                       

 

7.  Veuillez s’il vous plaît indiquer votre département (France) / canton (Suisse) de résidence :

 

________________________________________

 

 

8. Veuillez s’il vous plaît indiquer le département (France) / canton (Suisse) de votre lieu de travail :

 

________________________________________

 

 

 

 

 

II) L’institution et les résidents

 

 

13. Dans quel type d’institution spécialisée travaillez-vous ?

 

 Foyer d’hébergement pour personnes en situation de handicap mental léger ou moyen

 Foyer de vie pour personnes en situation de handicap mental sévère

 Foyer pour adolescents en situation de handicap mental léger ou moyen

 Foyer pour adolescents en situation de handicap mental sévère

 

14. Combien y a-t-il de résidents dans votre institution ? ____________________

 

15. a) S’agit-il d’un établissement mixte ?

 

 Oui

 Non

 

15. b) S’il s’agit d’un établissement mixte : Parmi les résidents de votre institution, combien sont des femmes ? _______________

 

16. a) Dans votre institution, quel est l’âge du résident le plus jeune ? ______________

16. b)  Dans votre institution, quel est l’âge du résident le plus âgé ? _____________

 

17. a) Combien y a-t-il de professionnels de l’action éducative dans votre institution ?

 

______________________

 

17. b) Parmi les professionnels de l’action éducative de votre institution, combien sont des femmes ?

 

______________________

 

18. En quelle année votre institution a-t-elle été fondée ? __________________

 

19. Cette institution a-t-elle été fondée par une association de parents de personnes en situation de handicap mental ?

 

 Oui

 Non

 

20. S’agit-il d’un établissement public ou privé ?

 

 Public

 Privé

 

21. S’agit-il d’une institution d’origine confessionnelle ?

 

 Oui               Si oui, merci d’indiquer de quelle religion : ____________________

 Non

 

22. Dans votre institution, les résidents disposent-ils d’une chambre individuelle ?

 

 Oui   Si oui, merci d’indiquer combien de résidents disposent d’une chambre individuelle : _______

 Non

 

23. a) Dans votre établissement, combien y a-t-il de couples de résidents constitués depuis au moins un an ? _________________________

 

23. b) Parmi ces couples, combien sont constitués de deux hommes ? _____________

 

23. c) Parmi ces couples, combien sont constitués de deux femmes ? ______________

 

24. Veuillez indiquer s’il vous plaît le nombre de résidents / résidentes de votre établissement ayant des relations avec une personne de même sexe, occasionnellement ou régulièrement :

 

………. Hommes

………. Femmes

 

25. Dans votre institution, y a-t-il des chambres pouvant accueillir des couples ?

 

 Oui   Si oui, merci d’indiquer combien de couples de résidents disposent d’une telle chambre : ____

 Non

 

 

 

26. a) Dans votre institution, les résidents sont-ils autorisés à recevoir des invités dans leur chambre ?

 

 Oui

 Non

 

 26. b) Dans votre institution, les résidents sont-ils autorisés à recevoir une personne de sexe opposé dans leur chambre ?

 

 Oui

 Non

 

27. a) Dans votre institution, les relations sexuelles entre résidents sont-elles autorisées ?

 

 Oui

 Non

 

27. b) Si vous avez répondu « non » à la question 27. a) : L’interdiction d’avoir des relations sexuelles est-elle spécifiée dans le règlement intérieur ?

                                                   

 Oui

 Non

 

27. c) Si vous avez répondu « non » à la question 27. a) : Vous est-il déjà arrivé de « fermer les yeux » et de permettre à deux résidents d’avoir des relations sexuelles malgré l’interdiction ?

 

Oui

 Non

 

 

III) Représentations de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap mental

 

 

28. a) Selon vous, pour les personnes non handicapées mentales, la sexualité est-elle un besoin (c'est-à-dire nécessaire à l’épanouissement personnel) ?

 

 Oui

 Non

 

28. b) Selon vous, pour les personnes handicapées mentales, la sexualité est-elle un besoin (c’est à dire nécessaire à l’épanouissement personnel) ?

 

 Oui

 Non

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Affectivité

 

Par « désir d’affectivité », nous entendons le besoin de contacts physiques complices mais non spécifiquement sexuels. Exemples : se tenir par la main, par le bras, prendre quelqu’un dans ses bras etc.

 

29. a) Diriez-vous que les personnes en situation de handicap mental ont un désir d’affectivité :

 

 Plus fort que les non handicapés

 Identique à celui des non handicapés

 Plus faible que les non handicapés

 Inexistant

 

29. b) Selon vous, de manière générale, les femmes, handicapées ou non, ont un désir d’affectivité :

 

 Plus fort que ceux des hommes

 Identique à celui des hommes

 Plus faible que ceux des hommes

 

29. c) Selon vous, de manière générale, les femmes en situation de handicap mental ont un désir d’affectivité:

 

 Plus fort que celui des hommes en situation de handicap mental

 Identique à celui des hommes en situation de handicap mental

 Plus faible que celui des hommes en situation de handicap mental

 

29. d) D’après vous, de manière générale, les femmes en situation de handicap mental ont un désir d’affectivité :

 

 Plus fort que celui des femmes non handicapées mentales

 Identique à celui des femmes non handicapées mentales

 Plus faible que celui des femmes non handicapées mentales

 

29. e) D’après vous, de manière générale, les hommes en situation de handicap mental ont un désir d’affectivité :

 

 Plus fort que celui des hommes non handicapés mentaux

 Identique à celui des hommes non handicapés mentaux

 Plus faible que celui des hommes non handicapés mentaux

 

30. a) Pensez vous que, chez les femmes en situation de handicap mental, le désir d’affectivité prédomine sur le désir de sexualité ?

 

 Oui

 Non

 

30. b) Pensez vous que, chez les femmes en situation de handicap mental, le désir de sexualité prédomine sur le désir d’affectivité ?

 

 Oui

 Non

                                

 

30. c) Pensez-vous que, chez les hommes en situation de handicap mental, le désir d’affectivité prédomine sur le désir de sexualité ?

 

 Oui

 Non

 

30. d) Pensez vous que, chez les hommes en situation de handicap mental, le désir de sexualité prédomine sur le désir d’affectivité ?

 

 Oui

 Non

 

31. Pensez-vous que les personnes en situation de handicap mental puissent éprouver des sentiments amoureux ?

 

 Oui

 Non

 

Désir sexuel

 

32. a) Diriez-vous que les personnes en situation de handicap mental ont des désirs sexuels :

 

 Plus forts que les non handicapés

 Identiques à ceux des non handicapés

 Plus faibles que les non handicapés

 Inexistants

 

32. b) Selon vous, de manière générale, les femmes, handicapées ou non, ont des désirs sexuels :

 

 Plus forts que ceux des hommes

 Identiques à ceux des hommes

 Plus faibles que ceux des hommes

 

32. c) Selon vous, de manière générale, les femmes en situation de handicap mental ont des désirs sexuels :

 

 Plus forts que ceux des hommes en situation de handicap mental

 Identiques à ceux des hommes en situation de handicap mental

 Plus faibles que ceux des hommes en situation de handicap mental

 

32. d) D’après vous, de manière générale, les femmes en situation de handicap mental ont des désirs sexuels :

 

 Plus forts que ceux des femmes non handicapées mentales

 Identiques à ceux des femmes non handicapées mentales

 Plus faibles que ceux des femmes non handicapées mentales

 

32. e) D’après vous, de manière générale, les hommes en situation de handicap mental ont des désirs sexuels :

 

 Plus forts que ceux des hommes non handicapés mentaux

 Identiques à ceux des hommes non handicapés mentaux

 Plus faibles que ceux des hommes non handicapés mentaux

 

Sexualité / droit

 

33. a) Selon vous, l’accès à la sexualité doit-il être considéré comme un droit ?

 

 Oui, pour les handicapés comme pour les non handicapés

 Oui pour les non handicapés mais pas pour les handicapés

 Oui pour les handicapés mais pas pour les non handicapés

 Non, la sexualité ne doit être considérée comme un droit pour personne

 

 

33. b) Si vous avez répondu « oui » à la question 33. a) : Pensez-vous que ce droit soit respecté pour les personnes en situation de handicap mental dans les lieux de vie dans votre pays ?

 

 Oui

 Non

 Vous ne savez pas

 

 

Sexualité et relation de couple

 

34. Merci de cocher (X) les cases qui conviennent dans le tableau ci-dessous :

 

 

Êtes-vous personnellement favorable aux relations sexuelles entre personnes handicapées mentales dans le cadre d’une relation de couple stable ?

Les relations sexuelles entre personnes non handicapées mentales hors du cadre d’une relation de couple stable (aventures sans lendemain et / ou sans engagement affectif) vous paraissent-elles acceptables ?

Les relations sexuelles entre personnes handicapées mentales hors du cadre d’une relation de couple stable (aventures sans lendemain et / ou sans engagement affectif) vous paraissent-elles acceptables ?

De manière générale, les rapports sexuels consentis entre une personne handicapée mentale et une personne non handicapée mentale vous paraissent-ils acceptables ?

Oui

 

 

 

 

Non

 

 

 

 

 

 

Contraception

 

35. a) Selon vous, quel est le mode de contraception le plus adapté pour les femmes en situation de handicap mental ?

 

□ La pilule

□ La piqûre trimestrielle

□ L’implant sous-cutané

□ Le préservatif

□ La stérilisation

 

 

 

35. b) Selon vous, quel est le mode de contraception le plus adapté pour les hommes en situation de handicap mental

 

□ Le préservatif

□ La stérilisation

 

36. De manière générale, êtes-vous personnellement favorable à la stérilisation des personnes handicapées mentales ? (Veuillez cocher les cases qui conviennent dans le tableau ci-dessous) 

 

 

Oui

Non

Pour les femmes

 

 

Pour les hommes

 

 

 

37. a) Veuillez s’il vous plaît  indiquer le nombre de résidents (hommes) de votre établissement qui ont été stérilisés : _____________________________

 

37. b) Veuillez s’il vous plaît indiquer le nombre de résidentes (femmes) de votre établissement qui ont été stérilisées : ____________________________

 

38. Veuillez s’il vous plaît indiquer combien de résidentes de votre établissement ont déjà eu recours à l’avortement : _______________________

 

 

Rapports sexuels entre personnes de même sexe

 

 

39. a) Estimez-vous que par rapport aux femmes non handicapées, les relations sexuelles entre femmes en situation de handicap mental sont :

 

 Plus fréquentes

 Aussi fréquentes

 Moins fréquentes

 

39. b) Estimez-vous que par rapport aux hommes non handicapés, les relations sexuelles entre hommes en situation de handicap mental sont :

 

 Plus fréquentes

 Aussi fréquentes

 Moins fréquentes

 

Education sexuelle

 

40. Estimez-vous que l’éducation sexuelle soit nécessaire (Merci de cocher ce qui convient dans le tableau ci-dessous) :

 

 

Oui

Non

Pour les femmes non handicapées mentales ?

 

 

Pour les femmes handicapées mentales ?

 

 

Pour les hommes non handicapés mentaux ?

 

 

Pour les hommes handicapés mentaux ?

 

 

41. Dans l’institution dans laquelle vous travaillez, des cours d’éducation sexuelle sont-ils proposés aux résidents ?

 

□ Oui, à tous les résidents

□ Oui, aux résidents qui en expriment la demande ou qui paraissent en avoir besoin

□ Non

 

42. Veuillez s’il vous plaît indiquer combien de résidents de votre institution ont suivi des cours d’éducation sexuelle au cours des 12 derniers mois ? _____________________________________

 

43. De manière générale, les connaissances des personnes en situation de handicap mental en matière de sexualité et de contraception vous paraissent:

 

 Satisfaisantes

 Insuffisantes

 

Abus sexuels

 

 

44. a) D’après vous, en comparaison avec les femmes non handicapées, les femmes en situation de handicap mental sont-elles plus, moins ou aussi souvent victimes d’abus sexuels ?

 

 Plus souvent

 Moins souvent

 Aussi souvent

 Vous ne savez pas

 

44. b) D’après vous, en comparaison avec les hommes non handicapés, les hommes en situation de handicap mental sont-ils plus, moins ou aussi souvent victimes d’abus sexuels ?

 

 Plus souvent

 Moins souvent

 Aussi souvent

 Vous ne savez pas

 

45. a) A votre connaissance, combien de résidentes de votre établissement ont été victimes d’abus sexuels au cours de leur vie ?

_______________________

 

45. b) A votre connaissance, combien de résidents de votre établissement ont été victimes d’abus sexuels au cours de leur vie ?

_________________________

 

Prostitution

 

46. A votre connaissance, certains résidents de votre établissement fréquentent-ils des personnes prostituées ?

 

 Oui, un résident

 Oui, plusieurs résidents

 Non, aucun

 Vous ne savez pas

 

 

 

47. Dans votre établissement, les résidents sont-ils autorisés à recevoir une personne prostituée ?

 

 Oui

 Non

 

48. A votre connaissance, certains résidents de votre établissement reçoivent-ils des personnes prostituées dans leur chambre au foyer ?

 

 Oui

 Non

 

49. Un résident vous a-t-il déjà demandé à voir une personne prostituée ?

 

 Oui

 Non

 

50. Si vous avez répondu « oui » à la question 49 : Avez-vous aidé cette personne à entrer en contact avec une personne prostituée ?

 

□ Oui

□ Non

 

51. Si vous avez répondu « oui » à la question 49 : Avez-vous tenté de dissuader ce résident ?

 

 Oui

 Non

 

Assistance sexuelle

 

 

Les questions 52 à 61 s’adressent aux personnes travaillant en SUISSE.

Si vous travaillez en FRANCE, merci de passer directement à la question 62.

 

52. Les résidents de votre établissement sont-ils informés de l’existence de services d’assistance sexuelle à destination des personnes en situation de handicap ?

                                                                

 Oui

 Non

 

53. Vous est-il arrivé de proposer à un résident / une résidente de rencontrer un(e) assistant(e) sexuel(le) ?

 

 Oui

 Non

 

54. Des résidents de votre établissement ont-ils déjà fait eux-mêmes appel à un(e) assistant(e) sexuel(le) ?

 

 Oui, un résident

 Oui, plusieurs résidents

 Non

 

 

 

55. Avez-vous déjà fait appel à un(e) assistant(e) sexuel(le) pour un résident de votre établissement ?

 

 Oui, plusieurs fois

 Oui, une fois

 Non

 

56. Veuillez s’il vous plaît indiquer le nombre de résidents et le nombre de résidentes à avoir déjà recouru à des services d’assistance sexuelle :

 

……….. hommes

………. femmes

 

57. Les résidents de votre établissement sont-ils autorisés à recevoir un(e) assistant(e) sexuel(e) dans leur chambre ?

 

 Oui

 Non

 

58. Si des résidents de votre établissement ont eu recours à un(e) assistant(e) sexuel(le), cela vous a-t-il semblé bénéfique pour eux ?

 

 Oui

 Non

 Aucun résident de mon établissement n’a eu recours à un(e) assistant(e) sexuel(le)

 

59. Êtes-vous personnellement favorable à l’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap mental ?

 

 Oui

 Non

 Vous ne savez pas

 

60. Êtes-vous personnellement favorable à l’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap physique ?

 

 Oui

 Non

□ Vous ne savez pas

 

61. En majorité, les parents des résidents de votre institution vous paraissent-ils plutôt favorables ou défavorables à l’assistance sexuelle ?

 

 Plutôt favorables

 Plutôt défavorables

 

Les questions 62 et 63 s’adressent uniquement aux personnes travaillant en FRANCE.

Si vous travaillez en SUISSE, merci de passer directement  à la question 64.

 

62. Seriez-vous favorable à la création de services d’assistance sexuelle à destination des personnes en situation de handicap mental en France ?

 

 Oui

 Non

 

63. Seriez-vous favorable à la création de services d’assistance sexuelle à destination des personnes en situation de handicap physique en France ?

 

 Oui

 Non

 

Parentalité

 

64. De manière générale, êtes-vous favorable à ce qu’un couple de personnes en situation de handicap mental puisse avoir un enfant ?

 

 Oui

 Non

 

65. Dans votre établissement, le fait, pour un résident, d’avoir un enfant, constituerait-il un motif de renvoi ?

 

 Oui

 Non

 

66. En majorité, les résidents de votre institution vous paraîtraient-ils capables d’élever un enfant ?

 

 Oui

 Non

 

 

 

Remarques : ______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

__________________________________________________________________________________

 

                                                          

 

MERCI BEAUCOUP D’AVOIR PARTICIPE !


22/02/2013
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Objet : Candidature au poste d’animateur pour personnes handicapées mentales

 

Handicap-benevolat@hotmail.fr

 

http://handis-mentaux.blog4ever.com

 

http://assohandicap.blog4ever.com

 

http://handi-limoux.onlc.fr

 

                                                                                                          Madame,  Monsieur

                                                                                                          La Directrice, Le Directeur

                                                                                                         

 

 

 

Objet : Candidature au poste d’animateur  pour personnes handicapées mentales

 

 

Madame, Monsieur,

 

 

 

Suite à mon expérience de plusieurs années au contact de personnes handicapé(es) mentales et psychiques léger, en prenant en considération diverses informations et débats publiés sur internet, ainsi que des discutions à l’assemblée nationale. Et une proposition d’un député UMP. Des interventions d’associations et de l’APF, (Association des Paralysés de France), dont une de ses permanences se trouve à Carcassonne (Aude).  Je me permets de vous proposer mes services. Actuellement, je suis inscrit sous le statut d’auto-entrepreneur, je pense correspondre parfaitement au profil du poste, d’animateur pour les personnes adultes handicapé(es) mentales et psychiques.

 

En effet, de par mon expérience, au prés des personnes en situation de handicap, depuis plus de : 24 ans, je possède l'ensemble des connaissances et des qualités indispensables pour contribuer par l’activité au maintien de la vie sociale des personnes handicapées mentales, et psychiques. J’ai exercé d’une part 14 ans en contact direct des personnes handicapées, un an, en 1978, puis 14 ans de : 1985 à 1999. A plusieurs reprises, j’ai rendue de nombreuses visites à des femmes handicapées mentales et psychiques, soit à leurs propres domiciles, soit dans les institutions qui les recevaient. Il m’est de plus à plusieurs reprises d’en recevoir certaines à mon domicile, pour des services à leur demande, des invitations à partager des repas, entre autres.

 

1. Au cours de mon parcourt, j'ai pu acquérir les connaissances indispensables en matière d’animation, activités diverses, culturelles, personnelles, etc. Ainsi je prendrai en charge les personnes handicapées mentales avec respect et écoute de leurs demandes, de leur sensibilité,  

 

2. Au cours de mes interventions et contacts, j'ai décidé de créer ma propre association loi 1901, qui a la particularité d’être, gérée par et pour les personnes handicapées. Pour travailler au plus prés des personnes ayant besoins d’interventions ponctuelles, et variées. Toujours sur demande, et dans le respect,  des personnes handicapées mentales. De plus, sociable et à l’écoute, je saurai travailler en partenariat avec vos équipes, et suivre les consignes, tout en étant indépendant, et intervenant en extérieur, soit si possible à mon domicile.

 

3. Au cours de mon expérience auprès des personnes handicapées mentales afin de proposer des activités variées et ludiques en faveur de leur intégration sociale et de leur bien-être, avec un meilleur regard sur elles-mêmes.

 

4  je dispose d’un bagage en animation. Mon expérience personnelle me permet une bonne connaissance des personnes handicapées mentales et de leur problématique mais aussi une grande polyvalence dans l’organisation de mes animations ( organisation de repas et partage, initiation à l’informatique, par exemple participer elles-mêmes, à la création de leur propre site internet ou blog, en quelques minutes, ou au plus en quelques heures, avec la mise en ligne et le référencement  immédiat, discutions, écoutes, prise en considération des difficultés rencontrées dans leur vie personnelle, intime, sociale etc.… Afin d’assurer le bien être des personnes handicapées mentales et psychiques. Je saurai assurer mon activité avec autonomie et responsabilité. Mon expérience personnelle me permet une bonne connaissance des personnes handicapées mentales et de leur problématique.

 

5. Très sensible à la qualité des animations proposées et à l’intégration sociale pour les personnes handicapées mentales, j’y serai très attentif.  De ce fait, je veillerai à garantir un programme d’animations varié et soigné. Ouvert(e) et disponible, je pourrai communiquer facilement au sein de l’équipe et avec les personnes handicapées mentales.

 

6. D’autre part, je compte me battre avec fermeté contre les tabous, les hypocrisies, liées aux handicaps, et plus particulièrement envers les personnes en situation de handicap mentale et psychique. Pour mener à bien ce but, je prendrai en considération la loi du 11 février 2005. Sur le droit à l’autonomie des personnes handicapées, le droit à la solidarité, au respect et au maintient de l’ensemble de leur droits fondamentaux, au même titre que les personnes valides. Leur droit à la liberté de leur choix de vie, conformément à la loi citée ci-dessus, et les décisions de la MDPH (Maison Des Personnes Handicapées), dont la création, et les interventions, sont formulées dans la dite loi.

 

Handicap mental et sexualité : Le tabou doublé

 

Parler des tabous serait-ce déjà tabou ?

 

Un tabou, c’est ce qui ne se touche pas, ne se regarde pas ni ne se parle, parce que c’est sacré ou parce que c’est impur.

 

Un tabou, ce n’est pas forcément négatif ni inutile.

 

 

La sexualité, tel un animal sauvage imprévisible est à ré apprivoiser à chaque recommencement : celle suit l’histoire du monde et ses modes culturelles, se diversifie quant à ses finalités et reste cependant mystérieusement rivée à l’élan vital, à la survie de l’espèce humaine.

 

Tous les tabous sexuels sont reliés à cette notion de vie biologique d’abord et sociale ensuite, ce qui leur confère leur légitimité originelle. Ce pendant de nos jours, la transgression de la plupart des tabous sexuels scandalise de moins en moins (j’entends par là, la masturbation, l’homosexualité, les rapports sexuels pendant les menstruations, les unions entre deux partenaires d’âges très différents, etc.).

 

L’univers du handicap est vaste : tant de personnes différentes y évoluent, ce qui rend un discours général à leur sujet très périlleux. Ce monde complexe s’ouvre aux droits de tous : on cherche à adapter une nouvelle attitude pour la santé et l’intégration la plus optimale, afin que les personnes vivant avec un handicap accèdent à un mieux-être et peut-être à un peu-beaucoup- de bonheur.

 

Le concept de la déficience mentale : sujet de la communication d’aujourd’hui, est né avec l’apparition de la scolarité obligatoire et la sélection des individus ayant des difficultés d’apprentissage scolaire. Antérieurement aux démarches de prises en charge spécialisées, les personnes actuellement qualifiées de déficientes mentes légères ne bénéficiaient d’aucune mesure particulière. Personnes, notamment, ne s’opposait à ce qu’elles se marient et procréent.

 

Jadis objets, elles sont devenues sujets.

 

Elles vivent mieux et plus longtemps.

 

Le plaisir et la communication, le droit d’aimer et d’être aimé ont pris place tout naturellement dans le processus de valorisation des rôles sociaux.

 

C’est « la rencontre de l’évidence, qui, en étant identifiée et reconnue, contient en elle un potentiel de transformation impressionnant » (N. Apter « Les enjeux du changement » 1998).

 

Mais c’est aussi la rencontre, la collision plutôt, des représentations que nous avons de ces deux pôles : sexualité et handicap mental, et le tabou s’en trouve au moins doublé. Même si elle n’est pas toujours épanouissante, la sexualité au sens large est une composante fondamentale de la vie, mais est-elle normalisable ? Et pour la personne handicapée mentale, représente-t-elle un handicap de plus ou une ressource ?

 

Peut-être les deux, successivement…

 

D’habitude sexualité rime avec intimité…ami-amie avec autonomie. L’adolescent ordinaire puis le jeune adulte, classiquement, signe le départ du nid, psychiquement et/ou physiquement, en plongeant dans la vie affective et sexuelle.

 

Mais en cas de handicap mental, la dynamique change : les partenaires éducatifs et soignants restent présents et responsables.

 

Ils seraient alors mis en devoir, en plus de tout le reste, d’aborder et de gérer les aspects de la vie affective, intime et parfois sexuelle, respectivement de leur enfant, du résident, du patient dont ils sont référents. Paradoxalement aussi les personnes handicapées sont sans cesse soumises au regard d’autrui et pourtant se sentent souvent seules.

 

Cet épisode du développement humain va poser un problème de plus, raviver des souffrances âprement combattues, mais aussi ouvrir de nouvelles pistes.

 

Le rôle du tiers : penser, parler de, anticiper, organiser ou encore voir… quelque chose de l’intimité de l’autre qui n’est pas notre propre partenaire, c’est entrer dans un rôle inhabituel, dérangeant et porteur d’angoisses. C’est devenir que nous le voulions ou non - le tiers d’une démarche et d’une émotion qui ne nous appartiennent pas.

 

Et pourtant à situation exceptionnelle, la réponse pourrait être exceptionnelle.

 

Très souvent nous devenons tiers jugeant parce que tiers observant et voyant, (pour ne pas dire voyeur… à notre corps défendant), parce que tiers responsable, ce qui pourrait nous amener à nous considérer tiers complice.

 

Entraînons-nous plutôt au rôle du tiers pensant, c’est ce que nous sommes tous en train de faire en ce moment dans cette journée d’étude ; pour nous préparer à celui du tiers décidant et aidant… d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre. La palette est large, entre rien et tout.

 

Ce rôle-là s’impose parfois.

 

Qui devrait le prendre, quand, comment ? Comment s’y préparer ? Avec quel objectif, quel sens et quelle éthique ?

 

Evitons le piège de l’assistance sexuelle directe comme but obligé. Rien de tel pour bloquer la prise en compte des besoins d’une personne vivant avec un handicap. Le risque existe de nier ses demandes, de ne rien entreprendre pour son mieux-être et de la laisser à sa solitude après chaque tentative timide ou spectaculaire de sa part.

 

Voilà une des grandes peurs des parents, des éducateurs ou des soignants, et elle est légitime : la proximité émotionnelle et physique intergénérationnelle donnerait immédiatement au geste un goût d’inceste. De cette saine et indispensable protection de l’Interdit quasi-universel de l’inceste émergent la gêne, le silence, la distance, la négation et l’angoisse de ce qui touche au sexuel. C’est normal.

 

Explorons l’éventail entre rien et tout, du plus facile au plus subtil, et en faisant confiance au processus, sans précipitation.

 

Oui, mais jusqu’où aller ?

 

Une perception claire peut suffire à générer un nouvel état de conscience constructif.

 

Je crois beaucoup au dialogue des inconscients, aux changements en cascade et aux apaisements porteurs de bonheur. C’est souvent beaucoup plus simple que nous ne l’imaginons. Telle ou telle demande choquante peut cacher un appel de communication, de tendresse, de besoin de toucher ou d’être touché, sans forcément s’accompagner d’une connotation érotique. Mais nos peurs et nos références expérientielles en matière de sexualité peuvent tout amplifier jusqu’à en faire des montagnes et confondre les registres.

 

Le corps de la personne handicapée est beaucoup touché par autrui, pour plusieurs raisons : thérapeutique, rééducative, relevant du quotidien fonctionnel…, (jusqu’à 20 à 30 personnes différentes en 24 heures) mais pas forcément dans le sens du bien-être et du plaisir. C’est là que nous pourrions enrichir le processus éducatif avec des éléments d’approches corporelles (cf. cassette vidéo visionnée à l’issue de la journée montrant un cours de Shiatsu donné à un groupe d’adolescents déficients intellectuels de 15 à 18 ans, à Genève, ou encore des références aux arts martiaux, à la relaxation, à l’équi-thérapie, à la psychomotricité, etc.).

 

Concernant l’affectivité et la sexualité, une littérature toujours plus abondante nous montre que la société contemporaine cherche à mieux comprendre et ne réprime plus systématiquement avec des interdits ni des sanctions de l’élan vital.

 

La chimie n’étouffe plus systématiquement les pulsions, les éventuelles stérilisations se décident de cas en cas, en tenant compte des besoins de la personne.

 

Les solutions tendent à une tolérance nuancée évitant une permissivité passive et contre-productive.

 

Certaines institutions sont passées, lentement mais sûrement, de l’interdiction de se donner la main pendant les promenades à l’organisation de studios pour couples.

 

Ces changements d’attitudes présupposent notre acceptation que les personnes déficientes mentales puissent vivre des expériences semblables à celle que nous vivons.

 

Elles vont donc nous ressembler de plus en plus… et l’aliénation (ce qui rend l’autre étranger) va s’estomper !

 

Cette mutation ne peut faire l’économie d’une sortie du cadre, d’une prise de risque, dans une certaine proportion, dans certains cas, à certains moments, le tout avec une infinité de nuances.

 

Il apparaît illusoire de répertorier tous les cas que vous connaissez, mais selon tel ou tel thème, vous pourrez, j’espère, retrouver des constantes applicables à vos projets d’accompagnement.

 

La part de l’éducation dans ces changements d’attitudes comprend si possible depuis la plus tendre enfance :

 

Le respect de l’intimité, le renforcement de l’estime de soi, de l’identité, du soin et de la connaissance de son corps, de l’apparence esthétique, de la socialisation des gestes et des compétences. L’écoute et la reconnaissance des demandes, verbales ou non verbales.

 

« Nous ne pouvons pas concevoir une éducation spécialisée ou des programme de réhabilitation des personnes handicapées mentales qui ne prendraient pas en compte, de façon réaliste, des problème liés à leur sexualité. (…) Les personnes handicapées participent à notre monde et à notre culture. Elles ont droit à ce que leur sexualité soit reliée à un cadre plus général de symboles et de valeurs à travers lesquels s’exprime notre condition humaine. » (Dr Moura Presa, psychiatre - Genève 1996)

 

Il y aura toujours un bénéfice pour la personne handicapée de travailler les émotions que ce thème soulève avec les familles.

 

Pour « certaines personnes handicapées » (ce sera mon leitmotiv pour souligner les nuances omniprésentes), cette éducation sexuelle comprendra :

 

- le désir d’être aimé et d’aimer en tenant compte de leur capacité de désirer et de projeter,

- les aspects relationnels et sociaux des manifestations intimes surtout dès la puberté parfois trop visible,

- l’accompagnement à comprendre les phénomènes physiologiques, les différences anatomiques,

- la recherche,

- les attirances variées,

- la contraception,

- la stérilisation,

- la protection contre les risques de contamination,

- les rappels de la loi,

- etc.

 

 

L’accompagnement du désir de couple : il y a bien souvent idéalisation de la vie des autres adultes de leur entourage dans la fratrie, et au-delà du rêve d’en vivre autant, il peut y avoir la peur d’une réelle rencontre et les démarches demeurent souvent à un stade adolescent.

 

Pour certains, la volonté d’être en couple aboutit, parfois au bout de 20 ans d’attente, d’attente de changement de direction par exemple, d’âpres luttes et obstination, poussés par diverses motivations dont celle du statut permettant une promotion sociale de l’image de soi n’est pas la moindre. (Mais sont-ils les seuls ?).

 

Je m’insurgeais, impatiente, jadis, quant à la lenteur de certaines institutions à installer tel ou tel couple dans un studio. Mon regard a changé envers cette lenteur : y aurait-il une intention thérapeutique louable de faire durer cette phase d’attente, pour scander le temps, pour remplir plusieurs années de vie avec ce désir-moteur qui une fois réalisé se muterait en voie de garages ? Puisqu’il est bien connu qu’un projet en entraîne un autre, et qu’ensuite tel ou tel couple voudrait passer au projet logiquement suivant : avoir un enfant.

 

Qui dit couple dit aide pour le couple. Il y avait deux personnes handicapées qui avait chacune leur réseau d’accompagnement, dès lors il y a le couple à gérer en plus, avec toutes les variantes possibles.

 

Une fois que le désir de couple est accepté par l’entourage : il faut investir avant, pendant et possiblement après la construction de ce couple, avec des préparations pour chaque étape. Par ailleurs, il sera heureux de ne pas leur en demander davantage que pour la moyenne de la population dite normale… Exiger l’idéal impossible pour eux reviendrait à leur dire : « non, pas encore, pas comme ça, quand vous serez vraiment sûrs de vos sentiments, et si vous pouvez nous garantir que c’est sérieux et que ça va durer toujours… ».

 

Le couple pourrait rompre comme n’importe quel autre couple.

 

Cet accompagnement fait partie d’un projet d’équipe, d’un projet d’institution. Mais en corollaire, une institution qui n’a pas de couple sous son toit ne doit pas se culpabiliser de ne pas être dans le vent…

 

Le désir d’enfant se retrouve chez les femmes comme chez les hommes et nécessite un accompagnement soutenu. Les femmes sont particulièrement attirées, émues par la fragilité et la dépendance d’un bébé, elles en rêvent pour plus tard mais sans forcément s’investir activement dans la réalisation.

 

Au-delà de l’image conventionnelle promotrice d’une identité de femme comme sa propre mère, il y a de multiples motivations derrière l’expression de ce désir.

 

Des études (J. Delville et M. Mercier 1997) aident à se positionner devant cette question de plus en plus discutable dans nos sociétés perfectionnistes et eugénistes axées sur la maîtrise technologique de la vie et de la santé au niveau communautaire.

 

Actuellement on reconnaît que la compétence parentale en cas de maturité mentale suffisante, et les facteurs affectifs et comportementaux semblent plus importants que le QI. Une définition de l’autonomie peut-être : savoir demander et obtenir de l’aide pour élaborer des projets.

 

Mais statistiquement, les enfants nés de parents déficients mentaux courent  toutefois davantage de risques de maltraitances, de négligences, de retards de développement et de problèmes de comportements.

 

Abordons encore la problématique des lieux de rencontre possibles, qui constitue une préoccupation éthique aiguë un peu serpent de mer. Les retrouvailles qui choquent sous le regard d’autrui : dans les transports  en commun, ou en cachettes dans les WC, dans les jardins alentours des CAT si ce n’est dans les ateliers ! Où donc concevoir des lieux de rencontre protégés et acceptables : dans les familles, dans les CAT, dans les foyers ?

 

Par rapport aux abus sexuels : les personnes déficientes mentales seraient quatre fois plus vulnérables à des abus sexuels et pourtant on les minimise, de même ceux dont elles sont les auteurs. On assiste à une difficulté de responsabiliser ces acteurs : autre façon de nier leurs capacités à comprendre et à gérer leurs pulsions dont les manifestations parfois maladroites prennent l’allure d’un abus mais peuvent aussi en être véritablement un.

 

Tolérer sans sanctionner, c’est nier leur dignité et leur humanité, et leur capacité de progresser dans ce domaine.

 

Ils peuvent apprendre les lois et les interdits propres à notre culture, c’est essentiel si l’on veut vraiment parler d’intégration dans la société. Comme pour tout un chacun, progresser dans l’expression de l’énergie vitale permet de développer une autonomie et une confiance en soi pour d’autres domaines de connaissance.

 

Cela va même jusqu’au droit à l’erreur : dans la vie sexuelle des gens dits normaux, on se pardonne des accidents de contraceptions, des enfants non désirés ou non programmés…mais s’il y a handicap ?

 

Tout cela est le contenu d’un Education sexuelle spécifique.

 

Une éducation qui pourrait se donner en groupe et/ou en entretien individuel. Toutefois situation qui coincerait trop la personne dans une interaction duelle, gênante, trop impliquante.

 

Les guider pour tout ou bien laisser le courant de la vie les traverser, les modeler, avec des plus et des moins, des creux et des bosses… des errances et des victoires ?

 

Nous pouvons encore moins faire l’économie d’une éducation à la vie affective et sexuelle dans la démarche de l’accompagnement de la constitution d’un couple. Nous devons les aider à comprendre ce qui leur arrive, les aider à s’aimer, les stimuler à nourrir leur tendresse et attentions réciproques.

 

 

 

 

CONCLUSION

 

La Sexualité et ce que l’on va mettre en œuvre à son propos touche,

Pour la personne handicapée :

 

- à sa potentialité personnelle,

- à son statut,

- à sa dignité,

 

Pour l’entourage :

 

- au soutien des et aux familles et leur collaboration avec les professionnels soit le partenariat,

- aux modalités éducatives, thérapeutiques et éthiques.

 

Le changement a besoin de soutien et de réassurance.

 

Dans quelle mesure l’accès à un développement de la notion d’intimité, de l’affectivité et de la sexualité pour des personnes déficientes intellectuelles dépend-ils ?

- de nous ?

- de la lecture que nous faisons de leurs souffrances et solitudes ?

- des moyens que nous acceptons de mettre en jeu pour y répondre ?

- de la patience à investir pour les suivre à chaque étape ?

 

Ecoutons-les : leur mieux-être peut aussi être le fruit de leur propre construction, dans un proportion variable certes, mais bien réelle.

 

Un tel processus d’ouverture et de prise de conscience de tous les partenaires éducatifs, dans une perspective de régulation et de bon sens, à l’épreuve du temps, comporte :

 

Des tâtonnements,

Des excès de prudence ou d’audace,

Des idéaux et des illusions,

Des joies et des larmes,

Des résultats étonnants, aussi, là où on ne les attendait  peut-être pas, car accéder à un épanouissement - quelle qu’en soit l’ampleur - du domaine affectif et/ou sexuel, peut se répercuter sur d’autres apprentissages du quotidien.

 

« L’important n’est pas ce qu’on a fait de l’homme, mais ce qu’il fait de ce qu’on fait de lui »

 

J-P. Sartre tiré de « St-Genêt. Comédien et martyr »

 

Pour cela il serait bon :

Au niveau local :

 

- de ne pas rester seul mais de s’organiser en un partenarial pluridisciplinaire solide comprenant également les personnes vivant elles-mêmes avec un handicap.

 

 

                                                                                  Signature

 

 

 

 

 


17/02/2013
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En hollande, Suisse et Allemagne, les aidants sexuels existent

 

En hollande, Suisse et Allemagne, les aidants sexuels existent: contre une prestation payée, ils donnent de la

,"Sensualité ou de la sexualité. Par ex après un accident Quand la fonction sexuelle a souffert. Aider à guider la

main du handi sur son propre corps. La masturbation. aussi. La relation sexuelle. enfin!

t

"Intimité et sexualité" a eu lieu à Strasbourg, première initiative réelle sur le sujet, a eu lieu à

Strasbourg.

Petit retour sur Patricia qui déclame que si on ne peut avoir t'amour, on peut aller droit au

Sexuel parfaitement! En Allemagne, des séminaires ont lieu pour les handicapés, avec des aidants sexuels, des

lectures érotiques et des "dîners érotiques". on nous montre des mains qui se touchent, s'enlacent! Très

poétique. Les aidants expliquent l'ignorance des handis en matière de sexe, touché, vision, goût,

Odeur, on met t'accent sur la caresse, le

toucher, se tenir l'un contre l'autre.

Une femme avec une scoliose handicapante nous raconte Qu’elle ne connaît pas son corps. Son souhait est

de trouver un garçon qui ait la capacité de l'éveiller au désir. Er Allemagne, on explique que les handis ont la

Possibilité d.une rencontre érotique avec un aidant du séminaire."Accomoaqner quelqu’un là où il ne peut

aller lui-même."

Un" handi qui assiste au séminaire témoigne: elle a mis longtemps avant d'avoir un rapport, mais elle est une

femme, et ça ne lui pose aucun problème!

Un autre hancli dit  que ces cieux jours lui ont apporté beaucoup de bonheur qui anime ces séminaires fait parler les handis sur ce qu'ils aiment en eux-mêmes' car Dour

se laisser aborde par autrui. i! faut s’estimer. s'aimer un minimum! Un des participants, Daniel, explique

qu’il était  très frustré et agressif. quand  on l'aidait aux soins, il manifestait parfois une excitation

sexuelle malgré lui, et la soignante l'avait sévèrement tancé, lui disant que si ça se reproduisait, on ne

pourrait plus s'occuper de lui !!! Eva. assistante sexuelle. explique qu'elle donne plus que son corps. qu’elle

Prend le malade/handi dans son intégralité. sa personnalité. son âme. son coeur. ce qui est rare dans la

prostitution.

 un ami de Cédric raconte comment ils ont essayé d'aller voir une pute qui les a renvoyés. Cédric raconte ses

déboires avec son comportement parfois déviant avec les soignants ou accompagnants. Son ami résume

l’.évidence; si Cédric vivait sa sexualité, il n'y aurait pas de déviance." sa maman le soutient y compris devant la

justice, car il y a des plaintes, et elle est prête à l'emmener à l'étranger pour combler ses besoins. Le sexe

est aussi la limite d’.aide pour les parents d'adultes handicapés, même si certains le font par humanité. disant

qu'il est profondément injuste qu'ils aient à Ie faire!

 Marcel  Nuss va d'institution en institution pour interpeler handis et personnel sur le sujet.

 Chaleur humaine, humanité, sincérité, courage, des valeurs citées pour accompagner le rapport sexuel à

l'autre.

 Marie-Christine et Frank, tous deux handicapés, un enfant, se confient: pour M'C, il reste une cassure, car elle

est en fauteuil. Même si Frank ne le voit pas comme cela- Le corps médical avait refusé de les aider à accéder

au fait de concevoir un enfant. Lui n'aurait pas vu sa vie sans sexe' pour elle, c'est moins important'

des  images de champs de blé mûr entrecoupent les séquences'

Peter, hàndi au séminaire en Allemagne, raconte que son aidante t'a emmené dans les champs. L'importance

que le fantasme, le rêve, la fantaisie devienne réalité.

Marcel Nuss parle de "se réapproprier son corps, de le réintégrer, d'échapper à la désincarnation, de leur

redonner un sens qu'elles n'ont jamais eu."

Fin de l’.émission. Sheila W- parle de la solitude des familles devant cette détresse et de la nécessité de

pouvoir en parler et de solutionner ce problème! Pour elle, les accompagnants sexuels sont [Résolution

possible. La difficulté est avant tout la rencontre, le partage d'émotions, la solitude des personnes

handicapées. L.animatrice demande s'il n'est pas choquant que les aidants soient payés. Sheila est d'accord.

 association, handicap international, I'APF, l'AFI et Coordination handicap Autonomie travaillent ensemble pour

inscrire le problème dans la légalité et le solutionner.

La demande existe, en France, d'aidants sexuels! ll faudrait encadrer cette profession qui est trop proche de

la prostitution. La France évolue. Les médecins sont encore réticents à accompagner les handis dans leur

parentalité. Pourquoi l'avance des pays scandinaves et de la Suisse sur le sujet? Ga n'a pas été facile là-bas

non plus. Qu'est-ce qui, nous bloque? Le combat pour une vie normale des handis en France a progressé,

Intégration scolaire, professionnelle etc.- Donc, on approche une nouvelle étape! Celle du droit du handi

adulte à une vie comme tout le monde! Donc aussi au sexe!

: J’ai trouvé t'émission trop pudique. &r n'osait pas vraiment dire les choses, les

nommer! Àu-delà des témoignages touchants et troublants, ma colère est montée face au personnel médical

ou soignant, qui n'a plus rien d'humain dans certains cas! Ia tristesse aussi pour ces handis qui n'ont jamais

connu le sexe et pour certains ne le connaîtront jamais La tristesse de constater que le plaisir sexuel,

magique, reste inconnu pour beaucoup de handis j’'ai eu la chance de vivre une vie de femme normale avant

la maladie, j'ai connu Lamour et le sexe, et la vie m'a offert un partenaire handicapé mais capable et désireux

de m’aimer physiquement! Il m'arrive encore de vivre des histoires que je préfère exclusivement sexuelles,

car je ne peux plus aimer ni faire confiance, sauf en amitié

Revenons à notre problème de sexualité des handis: si les pays scandinaves,’Allemagne et la Suisse arrivent à

solutionner, il nous faudra, je pense, nous aligner sur eux, quitte à réinventer le métier d'aidant sexuel, le

recadrer, demander à des sponsors (capotes? sexe toys? industrie du X?) de financer! Ll est injuste'

scandaleux et inhumain d'éprouver un désir fort et de ne pas parvenir à l'exprimer! Dangereux même! (voir

Cédric dans l'émission!)

La route est encore très longue!

 

 

 


23/01/2013
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Témoignage d’Albert, aidant sexuel, dans l’Aude.

 Témoignage d’Albert, aidant sexuel, dans l’Aude. (ce nom est un pseudo par discrétion) 

 

J’offre, cinq  jours par mois, pour un moment de tendresse, de caresse à des personnes handicapées. A ce jour nous sommes officiellement 4 aidants aidants sexuels en France à avoir témoigné sur le net. Pour cette activité, nous prenons comme référence la loi du 11 février 2005.

 

 Je suis célibataire, un homme de 54 ans, j’ai fais l’amour avec un total de 4 femmes reconnues handicapées. Toutes, ont été demandeuses, ou, consentantes. Je ne regarde jamais leur apparence physique. Toutes ces femmes étaient : fortes, minces, grandes, petites. Je les ai toutes reçues à mon propre domicile. Et c’est là, justement, que je trouve cette force de partager un peu de mon bonheur avec des personnes handicapées, en souffrance. ».Je suis donc quelques jours par mois, assistant sexuel auprès de personnes handicapées en mal de tendresse, de caresses, d’humanité tout simplement.

En France, ce « travail » n’est pas officiellement reconnu, mais la loi du 11 février 2005, peut toutefois être prise en considération. Cette activité, ne peut être que impérativement bénévole j’exerce discrètement cette activité « presque militante » dont je suis fier. « En France nous sommes environ 4 personnes, à nous considérer comme aidant sexuel certifié en France, une formation à l’aide sexuelle en Suisse romande, où cette activité est tout à fait légale.

Alors que se tient aujourd’hui à Paris le premier colloque sur « Handicap et sexualité », et qu’un député UMP, Jean-François Chossy, travaille sur un projet de loi pour légaliser les assistants sexuels,  j’ai décidé d’aider des handicapées,  à réveiller une sexualité endormie, anesthésiée par des années de déni de leur corps.

 « Une femme de 35 ans m’a confié que, pendant des années, elle s’était comme désincarnée pour supporter ses soins. Et puis, avec moi, elle a eu envie de redécouvrir un corps qui ne soit pas juste source de souffrance, mais de plaisir.»

 « Je propose des rapports sexuels complets, mais je peux aussi, ne prodiguer que des caresses, manuelles, ou buccales, des cunnilingus, jusqu’a satisfaction de la demandeuse. Pour les hommes, je pratique la masturbation, et la fellation complète si hygiène respectée. J’offre des caresses pouvant aller jusqu’à l’orgasme et des corps-à-corps dans la nudité. » Femmes et d’hommes. « Je n’ai pas de limite supérieure d’âge, mais je n’accepte pas de moins de 20 ans, « Il y a des personnes qui ont juste envie d’avoir quelqu’un dans les bras. Ou de voir un corps dévêtu ». « L’autre jour, une femme m’a dit : J’ai 54 ans et je n’ai jamais été prise dans les bras d’une personne de l’autre sexe. J’aimerais connaître ça

L’intimité que j’offre est gratuite, mais « très enrichissante. Chaque rencontre est une aventure.

En France, il ’existe d’association mettant en contact handicapés et un assistant sexuel, à Limoux, dans l’Aude. Notre adresse Email : aidant-sexuel@hotmail.fr

 

 


12/01/2013
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J'ai testé l'assistance sexuelle !

J'ai testé l'assistance sexuelle !


  Militante pour la vie autonome des personnes lourdement handicapées, Yvette Boyer combat pour un droit effectif à la vie affective et sexuelle, intégrant un service d'assistance aux personnes démunies.

 

 

             Vivre dans la région marseillaise lorsque l'on est lourdement handicapé est chose plus malaisée qu'ailleurs, et c'est probablement pour cela que se sont développées dans la seconde ville de France des actions remarquables conduites par des militants d'exception. L'un d'entre eux est une femme, Yvette Boyer, qui racontait ici son parcours il y a près de six ans. Actuellement, elle s'investit dans la reconnaissance d'un droit effectif à la vie affective et sexuelle de personnes lourdement handicapées, une action portée par l'association qu'elle préside, Choisir sa vie.

"En 2006, on avait réalisé un questionnaire pour demander aux personnes handicapées quels étaient leurs besoins en citant le bricolage, la coiffure, l'esthétique, et en fin de liste, la sexualité. On l'a distribué lors du forum annuel Marseille Handicap, et on s'est rendu compte que c'est la sexualité qui revenait le plus dans les réponses. Même encore aujourd'hui, les parents, les professionnels nous incitent à nous battre pour la reconnaissance de la sexualité des personnes lourdement handicapées. Des mères nous expliquent qu'elles sont contraintes de masturber leur enfant, elles disent ce n'est pas leur rôle, leur place dans la famille. Face à l'agressivité de personnes lourdement handicapées privées de toute sexualité, les parents, les professionnels sont démunis. Il n'y a pas de rencontres possibles avec des prostitué(e)s ou autres travailleurs du sexe. Et ce ne sont pas les prostitué(e)s que recherchent les personnes handicapées, mais des massages sensuels, des caresses, avec un dialogue. Simplement un corps contre corps, pour connaître, ressentir des sensations. Dans le rapport au corps de la personne handicapée, le côté médical prend le dessus. On n'a pas de caresse, de toucher sensuel, alors qu'on en a besoin."

 

 

"Alors on a travaillé avec Charlie Valenza, de l'association aubagnaise Boulegan, on a organisé des réunions, mais ça n'a pas avancé. On a eu connaissance de l'organisation à Strasbourg en avril 2007 d'un colloque sur la vie affective et sexuelle, on y est allé. Les débats nous ont intéressé, et nous ont apporté plus de motivation. A Marseille, on travaille avec l'association Handitoit Provence, dont un membre nous a présenté une esthéticienne qui fait des massages; elle était intéressée par le sujet. On l'a rencontrée, elle a découvert l'ampleur du besoin de sexualité des personnes lourdement handicapées. Elle m'a proposé un premier massage sensuel, puis un second avec un homme, parce que c'était ma préférence... Mon corps revivait, de la tête aux pieds, tous mes sens se réveillaient, j'oubliais mon handicap, j'avais envie de marcher, de courir ! Quand on arrive à avoir des caresses, un corps à corps, on se sent une vraie femme..."

Yvette Boyer a vécu en couple jusqu'à ces dernières années; elle a eu un enfant, qu'elle a élevé : "Pourquoi j'ai voulu avoir des rapports sexuels, un enfant ? Pour être une vraie femme ! Je demandais à mon compagnon si faire l'amour avec moi lui donnait les mêmes sensations qu'avec d'autres femmes, moi, j'ai toute ma sensibilité : il m'avait répondu que j'étais folle, qu'il n'y avait pas de différence..."

  Image : Yvette Boyer et un 'gogo-boy'.

 

Elle évoque également l'expérience du massage sensuel faite par une autre femme infirme motrice cérébrale privée de la parole : "Elle en est revenue radieuse, émerveillée. Beaucoup de femmes handicapées ressentent ce besoin de sensualité, mais elles n'osent pas l'exprimer. Leur manque de sexualité est énorme. Chaque fois qu'elles ont des petites aventures, elles sont plus sociables, heureuses, souriantes."

Et Yvette Boyer leur fait confiance, comme elle fait confiance à des aidants sexuels informés et formés : "Chacun voit ce qu'il fait, et c'est une relation entre deux personnes adultes qui savent ce qu'elles veulent. C'est une complicité, chacun est libre d'accepter, de refuser. Cela, la plupart des gens ne le comprennent pas, ils pensent tout de suite à l'acte sexuel. J'ai eu une vie affective et sexuelle, mais en expérimentant le massage sensuel, je voulais ressentir. Et je me suis dit que j'en aurai besoin plus tard. Je suis une femme. Et je me bats pour les autres

 

 

 



01/01/2013
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La sexualité et la vie affective des résidents handicapés

 

  • |
  • CANDIDATURE ANIMATIONS AU PRES DES HANDICAP(ES) MENTALES‏

  

 Handis Services

À savs.assoaccueil@wanadoo.fr, apfdd11@wanadoo.fr, savs@asm11.fr, mdph@cg11.fr

 

 

handis-services@hotmail.fr

 

 

  

A Limoux,

Le : 09/09/2012

 

 

 Madame, Monsieur 

 Directrice, Directeur

De tous les services accueillant des personnes handicapées.

 

 

Objet : Candidature au poste d’animateur pour personnes handicapées mentales, et physique, atteintes de disgrâces physiques diverses, et de ce fait, sont discriminées, jusqu’à leur vie intime, sociale, et peut être sur le plan des activités de loisirs.

 

 

Madame, Monsieur,

 

 

Actuellement, étant moi-même reconnu comme handicapé, et ayant fréquenté diverses personnes portants divers handicaps. Leur étant venu en aide plusieurs fois, selon leurs demandes, en ayant reçue également à mon domicile. Souhaite vivement mettre mes atouts au service de votre association, car je pense correspondre au profil du poste que je me permets de vous demander.

 

En effet, de par mon expérience d’handicapé moi-même, reconnu par la MDPH de Carcassonne, d’une part, et grâce à la fréquentation durant plusieurs années de personnes en situation de handicap, en particulier au niveau psychique et mental (léger)., grâce a ces  années, durant lesquelles, j’ai côtoyé ce type de personne, et que j’ai reçu à mon domicile, à plusieurs reprises, où par des visites régulières, dans les services, où elles résidaient pour des séjours plus ou moins longs. Je possède l'ensemble des connaissances et des qualités indispensables pour contribuer par l’activité au maintien de la vie sociale des personnes handicapées mentales.

 

Ainsi, je saurai proposer des activités diverses, et d’ouverture aux autres, discutions, loisirs, afin de les aider à s’intégrer et à améliorer l’image qu’elles ont d’elles mêmes.

 

Une collaboration, ou un partenariat avec vos services au sein de votre structure me permettra d'évoluer dans mon parcours personnel et professionnel.  Je pense être dynamique, créatif, réactif, relativement patient, sociable et ouvert, je n'aurai aucune difficulté à intégrer votre équipe.

 

 

Actuellement en poste pour l’association : "Assohandicap", je cherche à m’investir  à temps partiel, afin de me rendre utile envers les personnes reconnues et en situation de handicap, tout en étant autonome. Je compte me baser, pour ces interventions sur la loi du 11 février 2005 dont je possède d’importants articles.

.

 

 

 

1. Au cours de ma fréquentation de ces personnes, dont j’ai reçue à mon domicile certaines d’entre elles, dont une jeune femme pensionnaire dans une structure basée à Castelnaudary, venant, se ressourcer à la clinique des Tilleuls ici à Limoux, une semaine par mois. Il s’avère que lors de ses séjours, je lui rendais visite, toutes les après midi, et l’ai également reçue à mon domicile. Je lui ai également rendu visite, à Castelnaudary.  , j'ai pu acquérir les connaissances indispensables en matière d’animation, activités culturelles etc... Je prendrai en charge les personnes handicapées mentales avec respect et écoute.ma situation d’handicapé, m’a permise d’approfondir mes connaissances de l’animation et du public des personnes handicapées mentales. De plus, sociable et à l’écoute, je saurai travailler en équipe et suivre les consignes.

 

Au cours de mon expérience je me suis rendu utile auprès des personnes handicapées mentales afin de proposer des activités en faveur de leur intégration sociale et de leur bien-être. Par comme je l’indique, des visites, des discutions, j’ai réussi à apprendre à une femme handicapée, à créer en quelques minutes un site internet relativement complet, avec plusieurs modules et liens, mis en ligne, et réfrènement, immédiats Mon expérience personnelle me permet une bonne connaissance des personnes handicapées mentales et de leur problématique

 

J'ai pu travailler dans de nombreuses structures ce qui facilitera mon insertion au sein de votre association, et de remplir à la demande les tâches qui me seront confiées et d’assurer le bien-être des personnes handicapées mentales. Ces interventions se feront à mon domicile.

 

Le contact avec les personnes handicapées mentales me permettra, je pense,  de m’adapter rapidement.

 

 

Veuillez croire, Madame, Monsieur, à mes salutations cordiales.

  Accompagner au mieux la sexualité

 

 

 

Formation intra

 

Accompagner au mieux la sexualité

des personnes handicapées en institution 

Rôles des Directeurs d'établissement et de leurs équipes

 

La sexualité et la vie affective des résidents handicapés sont complexes, et prises en compte au sein de la loi du 11 février 2005 comme droits fondamentaux pour les personnes porteuses de handicaps. Vous devez inscrire concrètement le droit à la vie sexuelle et affective dans les chartes de vie de vos résidents, et mettre en œuvre tous les moyens nécessaires à la reconnaissance, l'acceptation, l'accompagnement et la prise en charge de leur sexualité. Pour vous aider dans cette démarche, Formation Direction(s) organise dans vos locaux en intra, une formation de 3 jours (adaptable).

 

Cette formation est disponible uniquement au format intra et pourra se dérouler dans vos locaux.

  • Tarif formation : Nous consulter 
    Durée formation : Adaptable
  • Lieu : à définir
    Disponibilités : Nous consulter
  • Contactez notre service intra : Tout notre catalogue est adaptable en intra. Pour toute demande sur mesure, nous construisons avec vous un parcours adapté à vos objectifs et à ceux de vos équipes.

pour nous contacter.

 

 Tél : 04.68.31.12.03 (une messagerie est à votre disposition)

 

 

Objectifs de la formation

- Identifier des solutions aux situations complexes liées à la sexualité
- Comprendre les conséquences du handicap sur la sexualité
- Elaborer un référentiel d'attitudes communes au sein de votre établissement

Les plus de la formation

Des cas pratiques et mises en situation concrètes qui vous permettront de désamorcer les difficultés liées à la vie sexuelle de vos résidents

Programme de la formation

Jour 1 de la formation :

> L'objectif de cette journée est d'apporter aux participants les connaissances et moyens nécessaires pour se situer en tant que professionnels et savoir comment prendre en compte et gérer la dimension sexuelle et affective des sujets porteurs de handicaps

Comprendre la sexualité : désir et plaisir pour tous, au-delà du handicap
- Une sexualité et des représentations sexuelles liées à la culture de chacun
- Comment se construit la sexualité : le développement psycho-sexuel de l'enfant
- Définir l'identité sexuelle : plaisir, amour, intimité
- Quelles conséquences des handicaps (psychique, moteur et polyhandicap) sur la sexualité ?

La sexualité, un droit fondamental pour tous
- Retour sur les effets des lois (2002.2, 11 février 2005) et leurs objectifs
- L'aide à la sexualité des personnes handicapées : jusqu'où peut-on intervenir en tant que professionnel dans la sexualité d'autrui ? Contexte, enjeux et limites ?



TRAVAILLER SUR SES PROPRES REPRESENTATIONS DE LA SEXUALITE : COMMENT TENIR SON ROLE DE PROFESSIONNEL EN TOUTE OBJECTIVITE ?

Les différentes représentations de la sexualité
- Pourquoi la sexualité et son expression font-elles peur ?
- Comment dépasser le tabou de la sexualité en institution ?
- Grossesse et handicaps : quelles attitudes adopter ?

Dépasser sa conception personnelle de la sexualité pour optimiser l'accompagnement des résidents
- Dans quelle mesure le rapport individuel au plaisir influe-t-il sur le rapport à la sexualité de l'autre ?
- Comment repérer son propre fonctionnement et la manière dont il peut interférer dans la relation d'aide ?
- Quelles incidences sur la prise en charge des résidents ?
- Comment résoudre ces difficultés : outils nécessaires et écueils à éviter

Cas pratique
A partir de situations vécues, les participants pourront travailler sur les solutions à des cas touchant à la sexualité des résidents handicapés, leurs questionnements et leurs pratiques.
> Savoir notamment comment réagir lors de demandes particulières des résidents (masturbation, désir d'enfant, etc.)

Jour 2 de la formation :

> L'objectif de cette journée est de permettre aux participants d'identifier et de savoir utiliser les outils nécessaires à l'acceptation et la prise en charge de la sexualité des résidents handicapés

Identifier et comprendre les différents obstacles liés à la sexualité en institution
- Des obstacles de différentes natures : institutionnels, familiaux et sociaux
- A quoi sont-ils dus : quelles causes ? quelles conséquences ?

Comment les dépasser ?
- Instituer des réunions régulières avec les cadres de l'institution et le personnel soignant ou éducatif 
- Impulser une dynamique institutionnelle, pour aider et soutenir les personnels dans leurs actions quotidiennes
- Formaliser dans le projet d'établissement cette dynamique
- Mettre en œuvre des travaux de groupe pour dépasser les tabous, les blocages des équipes, avec un psychologue


COMMENT DEVELOPPER UN PROJET DE PRISE EN CHARGE DE LA SEXUALITE AU SEIN DE L'ETABLISSEMENT ?

Définir les rôles de chacun pour intervenir efficacement dans la situation d'aide
- Distinguer les rôles éducatifs, soignants ou d'accompagnement 
- Impliquer les résidents et leur expliquer la fonction spécifique de chaque membre du personnel
- Quelle place accorder aux familles : débats, réunions, quelles articulations possibles ?

Les outils à mettre en place au niveau du personnel
- Aménager des lieux et des temps de parole privilégiés
- Former le personnel : aux différentes situations à gérer, à la reconnaissance des signes de somatisation, d'abus, et à la conception de projets individualisés autour de la sexualité
- Travailler sur les notions d'intimité et de vie privée des résidents

Accepter et prendre en charge la sexualité des résidents
- Développer des ateliers d'animations autres que sportifs ou artistiques : comment accompagner la sexualité au sein de l'institution ?
- Mettre en place une fonction éducative au sein de l'établissement : connaissance du corps, apprentissage des moyens de contraception, dédramatisation des relations affectives ou sexuelles, etc.
- Inscrire le droit à la vie sexuelle dans les contrats de séjours et les chartes de vie des résidents

Illustrations à partir de cas cliniques
Les participants pourront apprendre à lire des symptômes cliniques chez les résidents, et trouver comment adapter leurs actions de prise en charge en fonction de cette lecture de demandes somatisées d'ordre affectif et sexuel.

Jour 3 de la formation :

L'objectif de cette matinée est de :
> Expliquer les règles publiques encadrant l'action des organismes accueillant des personnes reconnues vulnérables par le Code de l'Action Sociale et des Familles.
> Souligner les enjeux institutionnels et les illustrer

Comment répondre aux obligations de l'article L. 311-3 du Code de l'Action Sociale et des Familles ?
- Assurer dignité, sécurité et vie privée des résidents 
- Concevoir un projet d'accueil et de prise en charge
- Instaurer une information sur les droits fondamentaux des résidents

L'incidence de la vie affective et sexuelle des résidents sur les prestations de l'institution
- Intégrer la vulnérabilité des résidents handicapés : quelles exigences pour les prestations d'accompagnement ?
- Le lien entre sexualité et individualité : quelles implications dans la prise en charge des résidents ?


COMMENT GARANTIR UNE ORGANISATION INSTITUTIONNELLE ATTENTIVE A LA VIE AFFECTIVE DES RESIDENTS

Mettre en place une vigilance institutionnelle
- Savoir identifier le risque de violence liée à la sexualité des résidents et mieux comprendre ses manifestations
- Organiser le signalement des abus (obligation pénale, etc.)
- Prévenir la maltraitance sexuelle et mettre en place des protocoles particuliers
- Fiabiliser les recrutements

Construire une autorité professionnelle collective
- L'intérêt de mettre en place un référentiel institutionnel
- Définir un positionnement clair des acteurs de l'établissement : protéger les personnels (ex : lors de dénonciation d'abus sexuels), instaurer une distance dans les relations personnels/résidents
- Quelles délégations et marges d'autonomie accorder aux personnels ?
L'objectif de cette après-midi est de fournir aux participants les outils et méthodologies nécessaires à la conception puis à la mise en place de projets institutionnels aidant à l'accompagnement de la vie affective et sexuelle des résidents handicapés


COMMENT FORMALISER AU SEIN DE L'ETABLISSEMENT LA PRISE EN CHARGE DE LA SEXUALITE DES RESIDENTS

Elaborer un projet de prévention : les démarches à suivre
- Identifier les partenaires en rapport avec la prévention (Maison du droit, CRS, etc.)
- Mobiliser les ressources humaines 
- Etablir des conventions : délimiter le champ d'intervention de chaque partenaire
- Déterminer un parcours pour le résident handicapé et l'inscrire dans le projet individuel
- Evaluer le processus à la fin du parcours

Mettre en place un référentiel d'attitudes communes au sein de l'établissement : outils et méthodologies appliquées
> Objectif : Ce référentiel permettra aux personnels de l'établissement de se situer en matière d'intervention et d'aide à la sexualité des résidents et d'avoir des points de repères concrets

- Faire un état des lieux préalable : libertés actuelles des résidents ? positionnement du personnel ? de l'institution vis-à-vis des familles ?
- Initier des réunions régulières : débattre, demander au personnel d'expliquer son positionnement vis-à-vis de l'expression de la sexualité des résidents 
- L'intérêt de travailler avec un tiers extérieur neutre : psychologue, sociologue, etc.
- Inscrire cette démarche dans le cadre du Conseil de la Vie Sociale

Mises en Situation
Construire avec le formateur un projet individuel de résident handicapé : élaborer la composante du projet liée à sa vie affective et sexuelle.
Les participants pourront aussi proposer une problématique au formateur et élaborer avec lui le projet de résidents de leur établissement


13/11/2012
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L'AMOUR SANS LIMITES, RÉSUMÉ ET COMMENTAIRE

 

"L'amour sans limites", résumé et commentaire.

 

 

 

 

Enfin, me direz-vous! Pas trop tôt!


J'ai eu l'occasion de revisionner l'émission grâce à un DVD qui m'a été offert par MAURICE le vendredi où on a témoigné ensemble à la Doctrine Chrétienne.
En caractères noirs, le résumé, en italiques violet ,mes commentaires!
L'animatrice qui présente l'émission est accompagnée de Sheila Warembourg,  sexologue allemande deHandicap International, une des assoces que je soutiens. Elles s'interrogent sur le pourquoi du tabou.On est coincés en France et on a peur d'innover! En sciences c'est pareil: on attend que le monde entier ait démontré une thèse avant de poser une affirmation!

L'émission démarre avec le témoignage de Marcel Nuss, tétraplégique qui vit en couple à Strasbourg (ami de MO, évidemment, elle a beaucoup travaillé avec lui à l'APF!) Il raconte qu'il n'a eu aucun problème pour trouver sa seconde femme, car l'amour ne connaît aucun préjugé, ce que confirme sa femme qui dit qu'elle oublie le handicap de Marcel, qu'elle voit son regard, intense, sa vitalité. C'est intéressant car la question posée est: "Qu'est-ce qui suscite le désir?"La beauté d'"être"! Marcel se sait privilégié, même comparé à des hommes valides qui ne vivent rien!
Puis, extrait d'une scène de théâtre, Patricia, actrice en fauteuil élecrique explique qu'elle ne sait rien du toucher humain, elle ne touche que la manette de son fauteuil. Elle a un rdv, sur scène et dans son sketch, et le gars se trouve être handi! Avec humour, elle parle des préliminaires chez les handicapés, qui durent, durent... A rendre jalouses les femmes valides. Mais elle avoue qu'elle ne pourrait pas sortir avec un handicapé, car cela lui renverrait son propre handicap, et comme son souhait, c'est de s'en sortir, de ne pas penser à son handicap! Je suis sortie avec un handicapé, mais c'était un basketteur, plus valide que moi en fait, qui n'avait pas peur de l'évolution de ma SEP.
Puis on nous présente un couple, Marylise et Hervé(elle est en fauteuil, atteinte d'une maladie neuromusculaire SEP???). Ils racontent comment ils ont dépassé leurs peurs et hésitations, celle de partager sa maladie avec l'être aimé, l'emmener dans un futur incertain!Je m'étais posé la question aussi, mais tout futur est incertain, il FAUT construire et avancer!  Ils parlent du ballet des intervenants aidants, aux de vie et kiné etc..., qui dérange et procure quand même une liberté aux deux! Ils ont fini par trouver un "mode de fonctionnement" efficace. Ils insistent sur l'humour nécessaire pour cette recherche. Je confirme, d'après mon expérience personnelle! Il faut même une sacrée dose d'humour!
On nous présente JULIE ET FARID, deux handis tétras en titine électrique qui cherchaient un établissement adapté pour y vivre en couple (en vain pendant 6 ans, l'état est un monstre!!!) et ont finalement trouvé un lieu où ils vivent vis à vis mais pudiquement. Le personnel les a freinés, découragés de se toucher en public, a rappelé que le sexe ne fait pas partie de ce qu'on leur doit. (très con de leur imposer de rester sages, ils ne sont pas du genre à se toucher en public! Souvent on pense que les handis physiques sont aussi handis mentaux, rien à voir!!!)
Il y a pourtant, exprimé, ce besoin humain de "savoir ce que ça fait". Le personnel est interviewé et se refuse à être dans un registre d'aide ou assistance au sexe. Je comprends mais il faut bien que quelqu'un le fasse!!! Qui? On reconnaît pourtant que le sexe est un besoin réel comme boire et manger. Ils citent la masturbation chez les hommes, les femmes recherchent plutôt une relation sentimentale. Le besoin d'assistance est reconnu, mais la France est un désert à ce niveau!
Cédric, 32 ans, handi à la suite d'une rupture d'anévrisme (comme quoi, ça peut VRAIMENT arriver à tout le monde et à tout âge!) à 19 ans. Il a connu l'amour il y a quelques années, avec une amie handicapée. Mais séparés par la direction de l'établissement où ils vivaient! La direction lui a répondu qu'elle ne se voyait pas coller une lampe rouge au-dessus de la structure! Cédric a très mal pris, évidemment! Moi aussi j'aurais mal encaissé!!! J'aurais hurlé!
Marcel Nuss dit que se poser les bonnes questions rend plus humain! La page de ses livres sur fnac.com:ici!


  • Autre témoignage, celui d'un handi qui n'a connu qu'une seule relation sexuelle, avec une escort girl. On prend ce qu'on trouve! Il explique qu'il est bon de sentir l'autre respirer contre soi, sa chaleur humaine. Vrai!!! Il a mis un an à trouver une seule escort girl qui accepte de le voir! Même les putes nous rejetent! Damned! Sentir l'Autre contre soi, sa chaleur.
  • En Hollande, Suisse et Allemagne, les aidants sexuels existent: contre une prestation payée, ils donnent de la sensualité ou de la sexualité, par ex après un accident quand la fonction sexuelle a souffert. Aider à guider la main du handi sur son propre corps. La masturbation, aussi. La relation sexuelle, enfin!  
  • le colloque "intimité et sexualité" a eu lieu à Strasbourg, première initiative réelle sur le sujet, a eu lieu à Strasbourg. On est une ville progressiste!
  • Petit retour sur Patricia qui déclame que si on ne peut avoir l'amour, on peut aller droit au sexe!Parfaitement! En Allemagne, des séminaires ont lieu pour les handicapés, avec des aidants sexuels, des lectures érotiques et des "dîners érotiques". On nous montre des mains qui se touchent, s'enlacent! Très poétique. Les aidants expliquent l'ignorance des handis en matière de sexe, toucher, vision, goût, odeur... Mon ex ne connaissait du sexe que ce qu'il avait vu dans les films X! On met l'accent sur la caresse, le toucher, se tenir l'un contre l'autre.
    Une femme avec une scoliose handicapante nous raconte qu'elle ne connaît pas son corps.  Son souhait est de trouver un garçon qui ait la capacité de l'éveiller au désir. En Allemagne, on explique que les handis ont la possibilité d'une rencontre érotique avec un  aidant du séminaire."Accompagner quelqu'un là où il ne peut aller lui-même."
  • Une handi qui assiste au séminaire témoigne: elle a mis longtemps avant d'avoir un rapport, mais elle est une femme, et ça ne lui pose aucun problème!
  • Un autre handi dit que ces deux jours lui ont apporté beaucoup de bonheur!
  • Le thérapeute qui anime ces séminaires fait parler les handis sur ce qu'ils aiment en eux-mêmes, car pour se laisser aborde par autrui, il faut s'estimer, s'aimer un minimum! Un des participants, Daniel, explique qu'avant, il était très frustré et agressif. Quand on l'aidait aux soins, il manifestait parfois une excitation sexuelle malgré lui, et la soignante l'avait sévèrement tancé, lui disant que si ça se reproduisait, on ne pourrait plus s'occuper de lui!!! Eva, assistante sexuelle, explique qu'elle donne plus que son corps, qu'elle prend le malade/handi dans son intégralité, sa personnalité, son âme, son coeur, ce qui est rare dans la prostitution.
  • un ami de Cédric raconte comment ils ont essayé d'aller voir une pute qui les a renvoyés. Cédricraconte ses déboires avec son comportement parfois déviant avec les soignants ou accompagnants. Son ami résume l'évidence: siCédric vivait sa sexualité, il n'y aurait pas de déviance." Sa maman le soutient y compris devant la justice, car il y a des plaintes, et elle est prête à l'emmener à l'étranger pour combler ses besoins. Le sexe est aussi la limite d'aide pour les parents d'adultes handicapés, même si certains le font par humanité, disant qu'il est profondément injuste qu'ils aient à le faire!
  • Marcel Nuss va d'institution en institution pour interpeler handis et personnel sur le sujet.
  • Chaleur humaine, humanité, sincérité, courage, des valeurs citées pour accompagner le rapport sexuel à l'autre.
  • Marie-Christine et Frank, tous deux handicapés, un enfant, se confient: pour M-C, il reste une cassure, car elle est en fauteuil. Même si Frank ne le voit pas comme cela. Le corps médical avait refusé de les aider à accéder au fait de concevoir un enfant. Lui n'aurait pas vu sa vie sans sexe, pour elle, c'est moins important.
  • Des images de champs de blé mûr entrecoupent les séquences.
  • Peter, handi au séminaire en Allemagne, raconte que son aidante l'a emmené dans les champs. L'importance que le fantasme, le rêve, la fantaisie devienne réalité.
  • Marcel Nuss parle de "se réapproprier son corps, de le réintégrer, d'échapper à la désincarnation, de leur redonner un sens qu'elles n'ont jamais eu." 
  • Fin de l'émission. Sheila W. parle de la solitude des familles devant cette détresse et de la nécessité de pouvoir en parler et de solutionner ce problème! Pour elle, les accompagnants sexuels sont UNE solution possible. La difficulté est avant tout la rencontre, le partage d'émotions, la solitude des personnes handicapées. L"animatrice demande s'il n'est pas choquant que les aidants soient payés. Sheila est d'accord. 4 assoces, handicap international, l'APF, l'AFM et Coordination Handicap Autonomie travaillent ensemble pour inscrire le problème dans la légalité et le solutionner.
  • La demande existe, en France, d'aidants sexuels! Il faudrait encadrer cette profession qui est trop proche de la prostitution. La France évolue. Les médecins sont encore réticents à accompagner les handis dans leur parentalité. Pourquoi l'avance des pays scandinaves et de la Suisse sur le sujet? Ca n'a pas été facile là-bas non plus. Qu'est-ce quiNOUS bloque? Le combat pour une vie normale des handis en France a progressé, intégration scolaire, professionnelle etc... Donc, on approche une nouvelle étape! Celle du droit du handi adulte à une vie comme tout le monde! Donc aussi au sexe!

    ***MON GRAIN DE SEL: j'ai trouvé l'émission trop pudique. On n'osait pas vraiment dire les choses, les nommer! Au-delà ds témoignages touchants et troublants, ma colère est montée face au personnel médical ou soignant, qui n'a plus rien d'humain dans certains cas! la tristesse aussi pour ces handis qui n'ont jamais connu le sexe et pour certains ne le connaîtront jamais! La tristesse de constater que le plaisir sexuel, magique, reste inconnu pour beaucoup de handis! j'ai eu la chance de vivre une vie de femme normale avant la maladie, j'ai connu l'amour et le sexe, et la vie m'a offert un partenaire handicapé mais capable et désireux de m'aime physiquement! Il m'arrive encore de vivre des histoires que je préfère exclusivement sexuelles, car je ne peux plus aimer ni faire confiance, sauf en amitié!

    Revenons à notre blème de sexualité des handis: si les pays scandinaves, l'Allemagne et la Suisse arrivent à solutionner, il nous faudra, je pense, nous aligner sur eux, quitte à réinventer le métier d'aidant sexuel, le recadrer, demander à des sponsors (capotes? sex toys? Industrie du X?) de financer! Il est injuste, scandaleux et inhumain d'éprouver un désir fort et de ne pas parvenir à l'exprimer! Dangereux même! (voir Cédric dans l'émission!)
    La route est encore très longue!

04/11/2012
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PROJET SEXHI

Liste des publications et interventions des membres du projet SEXHI

Julie LEONHARD, Participation au Collectif Handicaps et Sexualités (Marcel NUSS, Sheila Warembourg), Paris 2009.

Marie Claude MIETKIEWICZ, A.-M. TONIOLO, & VAUTHIER J. -P. (à paraître). Quelle sexualité autorise l’institution à ses résidents atteints d’une maladie d’Alzheimer ? NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie.

Bruno PY « Le médecin et la séduction », Mélanges Bernard Gross, PUN, 587-597.

Bruno PY, Communication Journée d’étude de l’Institut d’étude de droit public, Sceaux, novembre 2009 : « En quoi la sexualité concerne-t-elle la santé ? »

Bruno PY, Conférence Université SHERBROOKE (Canada), mars 2010 : « Les frontières entre acte thérapeutique et sexuel »

Bruno PY, Communication 18ème congrès Mondial de droit Médical, ZAGREB (Croatie) 8-12 août 2010 : « Médecine et sexualité : quelles limites juridiques ? »

Jean-Baptiste THIERRY, Communication  « La loi de 2005 à l'épreuve de la sexualité des personnes handicapées », in La « mixité» entre personnes déficientes et personnes intègres à l’épreuve de l’intégration. Journée d'étude de l'École Supérieure en Travail Éducatif et Social (ESTES). Strasbourg, 7 mai 2009

Jean-Baptiste THIERRY, Communication colloque "Personnes âgées, personnes handicapées : approches de la sexualité", Université de Provence, Marseille, 22-23 avril 2010."Appréhension juridique de la sexualité des personnes handicapées : le droit a-t-il réponse à tout ?"

Jean-Baptiste THIERRY, Journées de formation ADAPEIM Meuse (Verdun), mai et juin 2010

Jean-Baptiste THIERRY, Communication 18ème congrès Mondial de droit Médical, ZAGREB (Croatie) 8-12 août 2010 : "La santé sexuelle des personnes handicapées"

Jean-Baptiste THIERRY "Libres propos sur l'assistance sexuelle au sujet de la liberté sexuelle des personnes handicapées", in La liberté sexuelle, à paraître (sous dir. N. Deffains), PUN 2010.

Jean-Baptiste THIERRY "La sexualité des personnes handicapées relève-t-elle du domaine du droit ?", Journée d'études "Handicaps et sexualités : former les professionnels de l'accompagnement ?", 10 juin 2010, IRTS Île de France

Jean-Baptiste THIERRY, Séminaires de formation continue au CTNERHI sur l'appréhension juridique de la sexualité des personnes handicapées (2008)

 

Anne-Marie TONIOLO, Logique institutionnelle et projet de vie individualisé. Journée d’information et de formation de l’Association Départementale Parents et Amis de Personnes Handicapées Mentales (ADAPEI 67). Strasbourg, 8 novembre 2009

Anne-Marie TONIOLO, Mietkiewicz, M.-C., & J. -P. VAUTHIER (2008). Quelle sexualité autorise l’institution à ses résidents atteints d’une maladie d’Alzheimer ? 24e Congrès International de la Société de Psychogériatrie de Langue Française. Lyon : 17-19 septembre.

 

Anne-Marie TONIOLO, Le Handicap : de la réalité au concept. In B. Py, & E. Spitz (Eds.), Evaluation en santé. Nancy : Presses Universitaires de Nancy.

 

Anne-Marie TONIOLO, Mietkiewicz, M. -C., & BERNARD, J. (2009). Entre logique individuelle et logique collective : L’identité sexuelle à l’épreuve du handicap mental. Quatrième Séminaire Inter-universitaire sur la Clinique du Handicap : Fille, Garçon, femme, homme : handicap et identité sexuelle. Lyon, 20 et 21 novembre 2009

 

 


11/10/2012
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