HANDICAP, DROITS, SEXUALITE, LIBERTINAGE, HETERO, GAYS, BIS...

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CHARTRE AIDE SEXUELLE ET SEXUALITE DES HANDICAPE(ES)

 

 

CHARTE SUR LA VIE AFFECTIVE ET SEXUELLE DES PERSONNES HANDICAPEES.

Assohandicap

54 rue blanquerie 11300 Limoux

assohandicap@live.fr

Le but de la présente Charte, est de fournir un cadre de références communes en matière de reconnaissance et d'accompagnement de la vie affective et sexuelle de la personne handicapée mentale, et portant un physique disgracieux. Cette charte mentionne quelques principes relatifs à la mixité, la relation amoureuse. Ouvrent la réflexion de chacun, mais n'écartent pas pour autant l'individualité. Tout accompagnement se réfléchit en fonction des spécificités et des attentes de chaque personne.

I - PREAMBULE

Traiter du thème de la sexualité des personnes handicapées mentales, et portant un physique dit « disgracieux » n'est pas chose facile. Les manifestations sexuelles des personnes handicapées mentales entre autres, nous interpellent, nous questionnent, résonnent en nous, et souvent nous renvoient à nos propres difficultés plus ou moins bien surmontées. Mais si nous voulons reconnaître la personne déficiente mentale, et physique, comme un être sexué, nous devons nous efforcer de questionner notre politique en matière de sexualité.

Qu'entendons-nous par sexualité ?

Dans nos sociétés, nous reconnaissons une place de plus en plus importante à la sexualité. Elle est intégrée au développement global de l'être humain et participe à l'équilibre physique, affectif et social de tout individu.

La sexualité commence dès la naissance. Elle ne désigne pas seulement les activités et le plaisir qui dépendent du fonctionnement de l'appareil génital, mais aussi un mode de satisfaction non directement lié à la génitalité et qui s'exprime dès l'enfance. Par conséquent, la sexualité ne se limite pas à la seule génitalité.

En résumé, la sexualité est un concept large englobant à la fois tout ce qui est du ressort de la génitalité, mais aussi tout ce qui a trait aux besoins relationnels, affectifs de tout être humain. Rappelons-le, réduire la sexualité à l'acte génital conduirait bien souvent à méconnaître les besoins pulsionnels propres à certaines personnes handicapées mentales.

L'objectif de cette charte est de préciser ce que nous pensons être en mesure de favoriser, d'accepter, d'encourager. Ce document doit nous aider à édifier un cadre où seront mis en place un certain nombre de repères, avec comme objectif principal de permettre à la personne handicapée mentale de vivre sa sexualité d'une manière aussi épanouissante que possible.

Par ailleurs, si nous cherchons à délimiter, à préciser nos positions face à la sexualité des personnes déficientes mentales, et physique, c'est dans la perspective qu'elles servent de garant, et de ce fait, nous aident à accompagner d'une manière structurée et structurante la sexualité de la personne handicapée mentale, entre autre. Notre objectif est de l'amener à se construire et à adopter un comportement sexuel socialement accepté et ainsi valoriser son propre rôle social. Il est évident que la situation de chaque personne est à considérer dans son individualité.

III - PRINCIPALES REGLES

La vie sexuelle des personnes handicapées mentales et physiques, comporte une dimension personnelle et intime, mais aussi une dimension sociale, qui, en institution, concerne particulièrement le personnel et les familles. Chacun de ces acteurs -résident, personnel, familles, - dispose de droits et de devoirs que le présent document vise à définir dans ses grandes lignes. Nous devons respecter le « projet de vie » de chaque personne dans cette situation. Les MDPH doivent aussi en tenir compte.

. L'éducation sexuelle

L'éducation sexuelle ne se résume pas à une instruction sexuelle. Grande est la tentation de la réduire souvent à une transmission de connaissances, d'un savoir concernant les organes sexuels et leur fonctionnement. L'éducation sexuelle doit avant tout reconnaître l'autre comme sujet de désir.

En matière d'éducation sexuelle, il convient d'établir un partenariat entre la personne handicapée mentale et un adulte de son choix (éducateur, thérapeute, ou autre). Donner la parole à la personne handicapée, ne pas savoir à sa place, cheminer avec elle, reconnaître ses difficultés spécifiques, ne pas porter de jugements de valeurs, sont autant d'objectifs visés par un tel partenariat. Il s'agira, par conséquent, comme dans tout accompagnement, de trouver la juste distance relationnelle qui favorise le dialogue.

Adopter une attitude de vigilance en matière d'éducation sexuelle revient à favoriser, à proposer le dialogue sans l'imposer, à saisir le moment opportun (ni trop tôt, ni trop tard) pour se mettre à l'écoute de l'autre et rendre accessible le dialogue. Toute éducation sexuelle doit tenir compte du vécu de la personne, de ses réelles préoccupations. Il ne s'agit pas de devancer les questions de la personne, mais bien au contraire de respecter, tenir compte de son besoin légitime de reconnaître, comme celui tout aussi légitime de méconnaître, de ne pas savoir. La méconnaissance, qualifiée souvent d'un "savoir sans savoir", est à accepter, et constitue parfois une étape nécessaire dans la vie de l'individu.

L'éducation sexuelle doit être souple et individualisée. Ainsi, lorsqu'elle s'adresse à des personnes déficientes intellectuelles, elle doit être adaptée et prendre en compte les décalages existant entre le développement physique, affectif et cognitif. Toute intervention en matière d'éducation sexuelle doit se faire en considérant l'ensemble du développement de la personne handicapée mentale. et disgracieuse. Dans le respect des principes énoncés ci-dessus, l'éducation sexuelle, s'appuyant sur des supports éducatifs.

L'intervention en matière d'éducation sexuelle s'articulera autour de trois axes : le savoir, le savoir-faire, le savoir-être.

Le savoir : il s'agit de fournir les connaissances, les renseignements relatifs à la sexualité en général, de compléter voire de rectifier des informations glanées ailleurs (TV, médias) qui peuvent souvent être mal comprises, mal assimilées et de ce fait pas maîtrisées. Parallèlement, fournir aux personnes handicapées tous les renseignements concernant la contraception, les MST, le sida. Il va de soi que toutes les informations doivent être données dans un climat de confiance, de respect, sans culpabiliser la personne.

Le savoir-faire : autre versant de cette intervention, il vise les modalités habituelles de l'expression de la sexualité, les comportements sexuels socialement admis.

Le savoir-être : au cours de cette éducation sexuelle, il faut responsabiliser la personne handicapée, l'amener à adopter et à mettre en place une manière d'être valorisante pour elle-même, l'aider à construire une image de soi positive.

La fréquentation de couples existe de longue date. Elle est souvent exemplaire de fidélité et de délicatesse. Des manifestations publiques de tendresse sont autorisées, dans la limite de la bienséance, en dehors des lieux de travail. Le personnel dans son ensemble veillera à limiter les excès avec tact.

Fermeté. L'autorisation de recevoir un ou une amie dans sa chambre pourra être donnée dans une certaine plage horaire, et au cas par cas, en tenant compte des personnes.

Pour des couples stables, la cohabitation pourra être envisagée. En règle générale, le projet de cohabitation sera l'aboutissement d'un processus d'accession à l'autonomie et se concrétisera à l'extérieur de la Fondation, avec un suivi du SAVS en tant que de besoin. Il faudra veiller toutefois à ce que "accession à l'autonomie" et "cohabitation" ne deviennent pas synonymes. Dans certains cas particuliers, une cohabitation interne au pourra être envisagée, dans une structure adaptée (ex : Le Bosquet) et un cadre semi-encadré. Elle pourra constituer une préparation et une situation transitoire pour des couples amenés à vivre plus tard à l'extérieur, ou une situation durable pour des couples stables n'ayant pas les capacités à vivre de façon autonome.

De manière générale, nous devons favoriser l'idée que fréquentation et cohabitation s'inscrivent dans la durée. Pour certains couples stables et autonomes, vivant à l'extérieur du le mariage pourra être envisagé. Une telle officialisation du couple pourra relever de l'accompagnement du SAVS. En cas de tutelle ou de curatelle, le mariage nécessite l'autorisation du tuteur ou du curateur.

1.5. Homosexualité

L'homosexualité peut être l'expression d'une sexualité qui s'oriente par nature vers un individu de même sexe. Mais elle peut également être liée à un environnement restrictif où il n'y a pas de mixité. L'ouverture à la mixité de certaines structures adultes amènera peut être certaines personnes à privilégier d'autres choix.

Quelle que soit l'origine de cette homosexualité, nous acceptons la possibilité de telles relations, sans pour autant les considérer comme normales, dans la mesure où il y a consentement mutuel des deux partenaires et acceptation réciproque de la situation. Lorsque l'un des protagonistes subit la relation, notre devoir est de ne pas la tolérer (ce qui est vrai aussi dans le cas d'une relation hétérosexuelle).

1. 6. Masturbation

Les comportements liés à la masturbation apparaissent à l'âge de l'enfance. Manifestation d'auto-érotisme, la masturbation est considérée comme une manifestation normale de la sexualité. Elle est fréquente chez un grand nombre de personnes déficientes mentales. On l'observe aussi bien chez des personnes polyhandicapées que chez des personnes moins déficientes.

Pratiqués dans l'intimité, dans un endroit privé, dans un contexte ne gênant pas les autres personnes, les comportements de masturbation sont acceptables. Ils peuvent être reconnus comme étant l'un des plaisirs auquel la personne handicapée peut accéder. Dans l'optique de la valorisation du rôle social de la personne handicapée, il convient de la responsabiliser face à ses activités masturbatoires. Il est souhaitable de la sensibiliser à ce qui est acceptable au niveau social. Ainsi, de telles activités ne sont tolérées que dans les lieux d'habitation où l'intimité de la personne est sauvegardée.

En revanche, il est souhaitable de fixer des limites restrictives à ce type de comportements, dès que ceux-ci mettent en danger la personne handicapée. Dès que l'activité masturbatoire entraîne des lésions, des blessures corporelles au niveau des organes génitaux, nous devons protéger la personne et ne pas les accepter.

1. 7. Les maladies sexuellement transmissibles (MST)

Une étude menée en Ile de France indique que 50 % des personnes handicapées mentales ont des relations sexuelles et 75 % d'entre elles les ont avec d'autres adultes handicapés mentaux, le plus souvent à travers des relations multiples. Bien que non transposables au, ces chiffres

CONCLUSION

Le domaine de la vie affective et sexuelle reste un domaine délicat, que la personne soit handicapée ou non. Il touche des aspects multiples de la vie (sociaux, médicaux, religieux, ...) dans un monde qui bouge considérablement. Il ne saurait donc être question de légiférer de manière définitive dans un tel domaine, où seuls l'écoute, le dialogue, l'information et la formation permanente peuvent permettre à tous, et plus particulièrement aux personnes handicapées, de progresser vers l'équilibre et l'épanouissement. Le présent document n'a pas d'autre ambition que de rappeler cette nécessité

 



24/12/2014
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